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Vikings : entre mythe et réalité

Mais qui donc étaient véritablement ces guerriers venus des contrées nordiques à la recherche de butin et de nouvelles terres plus clémentes pour y vivre ? Des chasseurs, des nomades, des pirates ? En réalité, plusieurs historiens croient qu'ils furent d'abord commerçants venus des royaumes du Danemark, de Norvège et de Suède. Bien avant le 9e siècle, les Varègues (Suédois) auraient établi des comptoirs afin de commercer avec les Finnois, pour ensuite pousser vers les terres de ce qui deviendra la Russie. Bientôt imités par les Danois et les Norvégiens dans cette activité lucrative, les Vikings peuplèrent alors la côte Atlantique de ces comptoirs commerciaux. Ils y échangeaient peaux, fourrures, ambre, épices, vins, miel, armes, esclaves, etc. Ces comptoirs permirent aux marchands du Nord de découvrir les richesses de nombreux pays : Hollande, Espagne, Italie, France, Angleterre, Irlande, Russie. Mais à ce stade, les habitants de Scandinavie n'étaient encore que de paisibles commerçants.

La dissension de l'empire carolingien et la prise du détroit de Gibraltar par les conquérants arabes changèrent radicalement la donne. Privés d'une partie de leurs comptoirs, les Scandinaves ne parvinrent plus à nourrir leur population grandissante. Il fallut dès lors songer à trouver des terres plus faciles à cultiver et des solutions d'approvisionnement immédiat. Habiles navigateurs, les peuples du Nord usaient d'embarcations fabuleuses dont les prouesses en mer avaient de quoi impressionner tout type d'ennemis. Ils se mirent donc à longer les côtes à bord de leurs knôrr ou snekkja, bateaux légendaires qu'une facture exceptionnelle munissait de capacités redoutables dans les raids contre les villages côtiers. Puissants, robustes et légers, il devenait aisé pour les marins scandinaves de se sauver avec efficacité après avoir attaqué les villages. Opportunistes, ils profitèrent aussi des guerres intestines et des nombreux désordres en quelques contrées européennes et se firent mercenaires au gré des offres. C'est ainsi qu'ils gagnèrent les terres de Normandie, d'Irlande du Sud, d'Islande, d'Angleterre et de Russie. Entre 800 et 1050 environ, de commerçants honnêtes, ils se métamorphosèrent en véritables envahisseurs. Du moins, c'est ce que racontent les légendes…

Les premières actions des guerriers vikings furent contre les abbayes, églises, monastères, ou toute autre maison destinée aux manifestations ecclésiastiques. Leurs assauts se révélaient d'une efficacité désarmante : rapides, méthodiques et impressionnantes. Toujours perpétrées pendant des fêtes ou des cérémonies religieuses, ce qui affaiblissait d'emblée leurs cibles. Après avoir pillé, ils incendiaient les lieux et leur fuite, à bord de navires réputés invulnérables, ne laissait aucun espoir de riposte. Il faut préciser qu'en s'attaquant au clergé, les Vikings prirent rapidement les traits de suppôts de Satan sous la plume inventive des clercs ou moines victimes de leur violence. En peu de temps, ils furent redoutés dans toute l'Europe. Enhardis par les succès de leur tactique, commandités par certains chefs d'État guerroyant pour un trône, les Vikings poussèrent l'audace jusqu'à s'en prendre à de grandes cités comme Paris ou Londres. Mais comme ces peuples étaient avant tout pacifiques, qu'ils espéraient se sédentariser, ils commencèrent à coloniser les territoires soumis. En France, l'invasion viking fut principalement le fait des Danois, occasionnellement des Norvégiens. Or en 911, le chef guerrier Göngu-Hrolfr (v. 845-933), dit Rollon, reçu le Pays de Caux du roi Charles le Simple (879-929) afin de rançonner une paix durable. C'est cette région qui deviendra ensuite la Normandie. Les vikings ne se contentèrent pas que d'une partie du territoire franc toutefois, ils reçurent également comme tribut des terres en Corse, en Sardaigne, en Russie, en Angleterre, en Irlande… Loin d'être de bons guerriers, c'est l'aspect fulgurant de leurs attaques qui les rendirent si effrayants. Mais lors d'affrontements prévisibles, ils furent souvent défaits. Leurs gains territoriaux restent en grande partie la conséquence d'une réputation construite sur la peur qu'ils inspiraient et non sur de réels faits d'armes victorieux. Vikings : entre mythe et réalité

L'hypothèse qui fait des ancêtres vikings des commerçants semble parfaitement valable selon les données historiques. Le fait qu'ils aient appris à bien connaître les côtes au nord de l'Europe grâce à cette expansion de leur commerce est également pertinente. Toutefois, certains historiens ajoutent un élément de taille à la conversion des peuples nordiques en mercenaires pillards. Il apparaît selon des sources historiques fiables que Charlemagne (v.742-814), dans ses désirs de conquérir la Saxe, ait voulu christianiser les païens, et ce, au prix d'exactions abominables. Ceux qui auraient résisté au baptême, à la nouvelle foi, périrent par décapitation ou furent déportés, sans égard à leur âge ou leur sexe. Les sanctuaires de cultes païens furent détruits et l'empereur des Francs obtint par la force ce qu'il ne parvenait pas à obtenir par la conversion. L'attitude vindicative des Vikings par la suite ne serait en fait que des représailles bien méritées contre cette religion imposée et contre les envahisseurs chrétiens.

Le phénomène viking découlerait donc davantage d'une résistance à la christianisation plutôt que d'une ambition territoriale de la part des peuples scandinaves. Ce qui expliquerait que les premiers raids eurent pour cible les lieux de culte chrétien. Mais cette théorie ne trouve pas écho chez tous les historiens. Certains croient plutôt que la christianisation des pays nordiques fut menée par les souverains même de ces fiefs. Quelques grands chefs ou rois s'y employèrent avec un acharnement excessif comme Hakon le Bon (v. 920-961), Olaf Tryggvason (v. 963-1000), Olav Haraldson (995-1030) ou encore Harald Ier Blatand à la dent bleue (910-986). Les cruautés liées au phénomène de la christianisation seraient par conséquent imputables à la volonté d'unifier les peuples scandinaves sous une même foi afin de centraliser un pouvoir souverain. Bien que les deux hypothèses soient pertinentes, et peut-être même successives dans le temps, les experts ne s'entendent toujours pas sur la véracité de l'une ou l'autre. Il est à craindre que le mystère viking garde encore longtemps le silence sur sa vraie nature.

Malgré les points de vue divergents, on peut toutefois avancer quelques certitudes sur la vie des Vikings. Outre le commerce et l'agriculture, les activités domestiques se déroulaient dans la dynamique d'une communion étroite avec la nature, nature que les Vikings vénéraient considérablement. Ils adoraient quelques divinités païennes, notamment Nerthus, la Terre Mère mais ne s'avilissaient pas à sacrifier humains ou animaux au nom de cultes religieux. La société viking reposait sur une notion élargie de la famille, c'est-à-dire parents, amis, esclaves, ces derniers étant affranchis assez rapidement. Ce sont les femmes qui exerçaient généralement une autorité morale sur tout ce petit monde, les hommes, eux, vivaient publiquement et exerçaient différentes fonctions comme commerçants, agriculteurs, médecins, forgerons, menuisiers, artisans, pêcheurs, etc. La vie s'organisait surtout autour de la ferme (habitat familial) et de ses activités (élevage des animaux, construction des bateaux, fabrication des armes…). Des métiers à tisser apparurent très tôt et permirent la confection de vêtements en lainage épais. La masure viking, souvent faite de blocs de terre et de tourbe, ne présentait que les éléments essentiels à la vie de tous les jours : paillasse, bancs, table, écuelles, marmites. Bref, la communauté viking évoluait dans une simplicité solidaire.

Les pays nordiques étant traversés par de nombreux fjords, les hommes du Nord eurent tôt fait de se lancer dans la fabrication d'embarcations navigables. Des premières pirogues conçues au moyen de troncs d'arbre évidés, les constructeurs perfectionnèrent leur art jusqu'à fabriquer le fleuron de leur puissance : les vaisseaux vikings. Employant toujours le tronc d'arbre évidé pour constituer la quille, charpentiers et menuisiers s'évertuèrent à rendre les bateaux plus aérodynamiques, plus robustes, plus rapides. Ils leur donnèrent une silhouette symétrique (avant/arrière) et y ajoutèrent une coque de planches superposées pour les rendre plus résistants. Poupe et étraves furent effilées au maximum et la proue de chaque navire arborait diverses figures d'animaux mythiques ou des motifs symboliques. Enfin, un mât et une voile achevèrent de rendre ces navires aussi efficaces que terrifiants lorsque leurs voiles se dessinaient à l'horizon des côtes.

Symbole avéré d'une civilisation plus exploratrice que guerrière, ces bateaux que l'on nomme aujourd'hui drakkar, en référence aux figures de proue représentant souvent une tête de dragon, menèrent les conquérants vikings jusqu'au continent américain. La découverte de vestiges d'habitations vikings à l'Anse aux Meadows, dans les années 1960, prouve qu'une expédition, sans doute celle de Leif Eriksson (v. 970-1025), fils d'Érik le Rouge (v. 940-1010) lui-même colonisateur du Groenland au 10e siècle, serait parvenue sur le continent plus de 500 ans avant Christophe Colomb (1451-1506). Cette partie alors découverte reçut le nom de Vinland et correspondrait à l'actuelle province canadienne de Terre-Neuve.

Explorateurs, commerçants, guerriers, voyous, les Vikings ne cessent, malgré leur bref passage dans l'histoire, d'inspirer la fascination. Mais encore plus qu'à leur réputation d'exceptionnels tacticiens, de maîtres en attaques-surprises, ils doivent cet intérêt légendaire à leurs fameuses embarcations. Considérant que les grands chefs de guerre gagnaient l'honneur de recevoir l'un de ces bateaux à titre de sépulture, c'est dire combien l'âme viking vivait dans chacun de ces admirables vaisseaux.

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