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Saladin, héros des croisades

Celui qui deviendra le héros des seconde et troisième croisades voit le jour à Takrit, en Mésopotamie, en l'an 1137. D'origine Kurde, Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf, dit Saladin, ne commence sa vie politique que vers l'âge de trente ans, alors qu'il accompagne, vers 1167, l'un de ses oncles, Shirkuh (?-1169), appelé par le souverain turc de Syrie Nur ad-Din (v.1117-1174), pour une mission en Égypte. Son oncle décède deux ans plus tard, lui laissant la place de vizir, ce qui donne au jeune Saladin un nouveau pouvoir qu'il va employer à la réalisation de ses projets personnels, contre toute attente, et contre la volonté du prince Nur ad-Din surtout.

Intelligent, stratégique et débordant de ressources malgré son inexpérience, Saladin crée des alliances provisoires qui vont le mener de victoire en victoire, lui permettant de repousser les occupants occidentaux, résolu à chasser par tous les moyens cet envahisseur. En 1171, il a la finesse d'esprit de supprimer le califat fatimide et se proclame sultan d'Égypte, ralliant désormais les chi'ites et les sunnites du pays à une même cause. En 1174, après avoir soumis l'Arabie méridionale et annoncé son indépendance définitive du califat abbasside auquel appartenait Nur ad-Din, mort la même année, Saladin entreprend la conquête de la Syrie. Il entre victorieux à Damas et devient régent du pays.

Multipliant les avancées et les triomphes, les armées de Saladin gagnent en réputation. Par ailleurs, privilégiant une politique d'alliances avantageuses, le sultan s'engage dans une trêve avec les Francs en 1180, puis conclut un traité avec Byzance l'année suivante. Cependant, Saladin se frotte à un brigand franc qui ne respecte aucun accord et qui attaque les caravanes de pèlerins se rendant à La Mecque. Ce franc, Renaud de Châtillon (1120-1187) suscite la colère du sultan, avec raison, et cristallise en quelque sorte les désirs de vengeance de Saladin à l'égard des Occidentaux. Saladin, héros des croisades

Dès 1183, Saladin, gardant en suspens les attaques du fourbe de Châtillon, termine l'unification de la Syrie en s'emparant d'Alep. Entre temps, ses troupes ayant affaibli les positions franques à plusieurs endroits, notamment lors des défaites de Beaudoin IV le Lépreux (1161-1185), roi de Jérusalem, dans la forêt de Panéas ou encore lors de la raclée que subissent les Francs à la bataille de Marj Ayoun, toutes deux en 1179, Saladin a pratiquement encerclé les Occidentaux. Mais comme Saladin a conclu une trêve avec le comte Raimond III de Tripoli (v.1140-1187), on tente de part et d'autre de respecter une paix toute relative.

Beaudoin IV meurt (1186), suivit un an plus tard par Beaudoin V, un enfant de dix ans. Le trône de Jérusalem, vacant, ira à Guy de Lusignan (1159-1194). Ce dernier tente de faire respecter en Galilée les mêmes ententes qui figurent à la trêve entre Saladin et Raimond III. Mais Renaud de Châtillon, qui n'a jamais cessé de se comporter en brigand, attaque et pille une nouvelle caravane en 1187, dans laquelle se trouve cette fois la sœur du sultan. Sommé de réparer cet affront, de Châtillon refuse et de Lusignan reste impuissant à le faire obéir. Saladin conçoit dès lors une haine qui ne trouvera apaisement que dans l'extermination des Francs et la mise à mort de Renaud de Châtillon.

La célèbre victoire des armées de Saladin sur les forces chrétiennes à Hattin scelle le destin des Occidentaux à court terme, notamment celui de Renaud de Châtillon. Saladin le fait prisonnier avec Guy de Lusignan et quelques autres chefs de guerre, dont des templiers. Les Croisés, affamés et assoiffés, n'ont pu que s'effondrer sous les coups précis des soldats de Saladin. Alors qu'il se retrouve enfin face à ses pires ennemis, le sultan offre à boire à Lusignan, Châtillon reste privé d'eau. Ce geste tout simple indique à Renaud de Châtillon que cette fois, il est allé beaucoup trop loin et que l'heure des comptes est arrivée. Saladin le fait exécuter sans honneur ainsi que les templiers et Hospitaliers capturés. Dorénavant, plus rien n'empêche Saladin de marcher sur Jérusalem et de reprendre la ville sainte à l'ennemi d'Occident. Le 2 octobre 1187, c'est chose faite : Jérusalem redevient possession des troupes islamiques, mais la nature honnête et intègre de Saladin permet aux chrétiens de quitter la ville avec leurs biens sans représailles de la part du sultan. De plus, s'il rend la mosquée de Al-Aqsa aux musulmans, il restitue également le Mur des Lamentations aux juifs et laisse aux chrétiens le Saint-Sépulcre. Chacune des religions se voit reconnue par cette mansuétude. Ce sont d'ailleurs ces gestes de générosité symbolique, tout à l'honneur de Saladin, qui feront énormément pour sa postérité. Désormais craint, mais respecté, Saladin devient le vrai héros des croisades.

Toutefois, l'Occident n'a pas encore dit son dernier mot. Le comté de Tripoli résiste toujours, la principauté d'Antioche aussi. Une autre grande ville refuse également de tomber aux mains des soldats de Saladin, défendue vaillamment par Conrad de Montferrat (v.1145-1192), du côté libanais : Tyr. Montferrat, sonne alors l'alerte afin que le pape réagisse et envoie des renforts. L'appel à la troisième croisade est lancé. Les plus grands princes d'Occident y répondent : l'empereur d'Allemagne Frédéric 1er Barberousse (1122-1190), le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion (1157-1199) et le roi français Philippe II Auguste (1165-1223).

Malgré la noyade inespérée du redoutable empereur allemand Frédéric Barberousse, Saladin ne parvient pas à maintenir un rythme de conquêtes acceptables contre la nouvelle coalition des armées françaises et anglaises : en 1191, il perd Saint-Jean-d'Acre aux mains des Croisés. Alors Richard Cœur de Lion, courageux et fin stratège, déjoue les pièges de Saladin et prend avantage sur lui à Arsouf. Cependant, Richard ne pousse pas plus loin cet avantage et engage des négociations avec Saladin. Il semble que Saladin éprouve une sorte d'empathie pour Richard, lui dépêchant son médecin personnel alors qu'il est malade, lui faisant également parvenir des chevaux lorsque le sien meurt… Les chroniqueurs affirment qu'en fait, une relation teintée de respect et d'admiration mutuels entre Saladin et Richard aurait tout simplement mené les deux hommes à statuer en termes de paix sur l'avenir de Jérusalem en 1192 : désormais la cité serait de confession musulmane, mais resterait ouverte aux chrétiens qui souhaitent y vivre.

C'est peu après le départ de Richard Cœur de Lion que le grand Saladin s'éteint dans la nuit du 3 au 4 mars 1193, à Damas. Par sa détermination et la noblesse de ses actes, Saladin a su convaincre les Occidentaux qu'il n'était pas qu'un ennemi, mais aussi un homme de grande valeur. Sa mémoire est aujourd'hui honorée par de magnifiques statues équestres (notamment à Damas et à Jérusalem), un somptueux mausolée à Damas, restauré en 1898 aux frais de l'empereur Guillaume II d'Allemagne afin de commémorer sa double victoire sur les Français et les Anglais, une province irakienne nommée Salah ad-Din et enfin par de nombreuses chroniques et poésies célébrant sa bravoure et la pureté de son cœur. Les véritables chevaliers de ces tristes croisades n'étaient peut-être pas ceux que l'on croyait…

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