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Les portraits du Fayoum

L'Égypte ne cessera jamais de révéler au monde des mystères si extraordinaires que même après des années, des siècles parfois, on ne les explique toujours pas. C'est le cas des célèbres Portraits du Fayoum, exhumés principalement en 1888 par un archéologue anglais du nom de W. M. Flinders Petrie, qui les a miraculeusement découverts en mettant au jour une nécropole romaine à Arsinoe, dans la région du Fayoum.

Déjà, au 17e siècle, un explorateur italien, Pietro della Valle, avait eu la chance d'admirer deux de ces magnifiques portraits à Saqqarah sur deux momies. Mais c'est grâce à la découverte de nombreux de ces portraits sur le site d'Antinooupolis, entre 1896 et 1911, que le Français Albert Jean Gayet va les faire connaître au monde entier. Un portrait sera alors acheminé à L'Exposition Universelle de 1900. Des visiteurs de toute l'Europe et d'ailleurs seront stupéfaits de constater la finesse d'exécution de cette oeuvre aussi bien que l'étrange ressemblance entre ces personnages, tout droit surgis de l'Antiquité, et le spectateur de l'époque.

Les Romains, après avoir conquis l'Égypte en 30 av. J.-C., dépêchèrent un petit contingent d'hommes, de femmes et d'enfants pour administrer cette nouvelle province. Comme les Romains cultivaient le goût du portrait, ils perpétuèrent cette tradition en sol égyptien, tout en l'accommodant aux rites funéraires locaux. Des peintres gréco-romains allaient ainsi être sollicités pour réaliser les plus mystérieux portraits funéraires du 1er au 4e siècle ap. J.-C.

Nous savons tous que l'ancienne civilisation égyptienne a élevé le rituel funéraire à un apogée jamais égalé depuis. Les tombeaux gigantesques des pharaons et autres dignitaires égyptiens en témoignent largement. Mais les portraits de Fayoum viennent ajouter une nouvelle dimension sur ces rites puisqu'ils ornent les momies de défunts de classes sociales plus humbles. C'est ainsi que l'on constate que ces corps momifiés et représentés par un portrait à leur effigie sont en fait des gens ordinaires, ouvriers, marchands, cultivateurs, femmes et enfants du peuple romain, simplement. Fixé par le suaire sur le visage du défunt dont il était la représentation picturale, le portrait était encadré par des baguettes de bois. Souvent, il était accompagné d'une inscription désignant le nom du défunt, son âge, son métier. Ces portraits donnent une idée assez précise, par les vêtements et les bijoux dont sont couverts les personnages, du statut social de l'époque.

Ces portraits, destinés à être enterrés avec les défunts, étaient réalisés du vivant de la personne et sont à peu près grandeur nature. Ils participent donc, dès leur création, d'une dualité fascinante puisqu'ils représentent avec tout le dynamisme et le feu de la vie un être désormais sans vie. Les artistes qui les ont réalisés, des chrétiens coptes influencés par l'art d'Alexandrie, ont réussi à les pourvoir d'un feu qui trouble celui qui les admire. Peints sur de minces plaquettes de bois, du tilleul en général, ou sur de la toile de lin, on les exécutait selon le procédé de l'encaustique, qui consiste à mélanger les couleurs à de la cire d'abeille.

La peinture elle-même procède d'un grand talent et on attribue ces portraits à de grands maîtres dans la majorité des cas, quoique l'on ait noté quelques réalisations de moins bonne qualité, sans doute le fait de quelques artistes brouillons. Peut-être les familles moins fortunées avaient-elles recours aux services d'illustres inconnus sans grandes aptitudes alors. On apprêtait la surface avec une teinte sombre avant d'y peindre avec des couleurs de bases issues de pigments tels que l'or, le noir, le rouge et deux ocres différents. Le résultat est sidérant de réalisme. On a l'impression que ces portraits datent de quelques années tant leur représentation est saisissante alors qu'ils ont été exécuté il y a presque deux mille ans. On les retrouve aujourd'hui dans plusieurs musées des plus grandes villes du monde dont Le Caire, Paris, Moscou, Dresde et Londres.

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