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Plantes

Histoire des jardins

Le premier jardin connu du monde, et cité dans la Bible, n'avait d'autre créateur que Dieu lui-même.

Or c'est dans ce lieu mythique que le Créateur engendre les deux premiers jardiniers : Adam et Ève. Ce lieu merveilleux, illustré entre autres par le pinceau génial d'Hieronymus Bosch (v.1453-v.1516) dans sa composition Le Jardin des Délices, vers 1504, devient aux yeux des fidèles le Paradis terrestre. Le jardin, dès son origine, inspire le beau, le merveilleux, la quiétude, le bonheur… Mais aussi la puissance, la magnificence du pouvoir !

Jardin de Babylone

Babylone et ses célèbres jardins suspendus de Sémiramis (Irak actuel) comptaient pour la seconde Merveille du monde. Aujourd'hui, historiens et assyriologues croient plutôt que ces jardins magnifiques ont été confondus avec les jardins de Ninive (7e siècle av. J.-C.) puisqu'aucun manuscrit ne cite cette splendeur malgré qu'elle fut commandée par le plus grand des souverains Babyloniens Nabuchodonosor II (v. 630 av. J.-C. - 562 av. J.-C.).

Contrairement à la légende qui fait état d'un jardin composé de quatre étages totalisant 120 m² (une première terrasse de huit mètres plantée de grands arbres des monts Zagros, une seconde terrasse de treize mètres couverte d'arbres fruitiers, une dernière terrasse parsemée de plantes et de fleurs exotiques), cette impression de jardins suspendus pourrait n'être imputable qu'au mouvement de l'irrigation, produite par un système de "vis d'Archimède" faisant remonter l'eau au niveau des cultures et créant l'illusion d'une suspension.

Mais comme rien ne permet d'infirmer ou d'affirmer cette hypothèse, il reste que les mythiques jardins babyloniens ont inspiré un idéal maintes fois recherché dans les siècles ultérieurs.

Histoire des jardins

Un Éden terrestre

C'est dans l'Empire perse (Iran actuel) que l'idéal d'un Éden terrestre est plus vraisemblablement reproduit par des architectes, au 5e siècle avant J.-C. Dans ce pays aride où la chaleur est souvent suffocante, on tente d'aménager un lieu de repos et d'apaisement dans le souci d'y maintenir une fraîcheur agréable.

Souvent, les murs d'un pavillon central servent à bloquer le soleil, de même que de nombreuses allées d'arbres empêchent les rayons solaires d'accéder à ce luxueux paradis. Fontaines et canaux traversent les espaces souvent rectangulaires afin d'y créer un effet d'humidité et ainsi alléger l'impression d'aridité.

Un grand bassin central dans lequel l'eau des canaux est puisée peut également être bordé de bancs de repos et de rencontres conviviales. Le jardin persan a pour fonction précise d'apporter fraîcheur et ressourcement à ses visiteurs, mais, à cette époque, seuls les citoyens fortunés y pénètrent.

Les jardins égyptien

En Égypte antique, le jardin prend forme sous les règnes de pharaons bâtisseurs. La reine Hatchepsout (XVIIIe dynastie) commande des arbres à encens pour égayer ses jardins en terrasses. Thoutmôsis III (XVIIIe dynastie), quant à lui, fait ramener de ses campagnes d'Asie toutes sortes de plantes et d'animaux exotiques afin de peupler ce que l'on appellera son Jardin botanique.

Les pharaons adorent créer de petites oasis, des bassins de fleurs de lotus, des îles flottantes de papyrus, des allées bordées d'arbres fruitiers, le tout irrigué par des canaux circulant entre les aménagements rectangulaires. Leur souci premier est de s'approprier des odeurs exquises et de les répandre autour des palais et sanctuaires.

Le jardin égyptien est un lieu de plaisirs olfactifs réservé aux hauts personnages de l'empire.

Le jardin chinois

Bien qu'il ait existé en Chine depuis environ 11 000 ans avant l'avènement du Christ, le jardin chinois fait surtout parler de lui sous la dynastie des Han (206 av. J.-C. - 220 apr. J.-C.). C'est en 104 av. J.-C. qu'est créé le parc impérial Bechaï, un modèle dans lequel on représente la montagne, la mer et les îles.

Toutefois, le jardin chinois abandonne peu à peu ses arguments symboliques pour se soumettre à des envolées pleinement artistiques sous les dynasties des Ming (1368-1644) et des Qing (1644-1912) ; le jardin chinois répond désormais à une esthétique du pouvoir (jardins impériaux), une esthétique de la réussite (jardins de la bourgeoisie marchande), une esthétique de la sagesse (jardins monacaux).

Lors des invasions en Corée, le principe du jardin y est importé avant de prendre ensuite la route vers le Japon où il s'implante vers le 6e siècle. Ces jardins d'Asie se déclinent ensuite en versions aussi nombreuses que les variantes philosophiques le permettent.

Généralement, ils se construisent autour d'un plan d'eau rappelant la rivière ou le ruisseau et dans lequel croissent des plantes aquatiques. Des reproductions de vallées et de montagnes apparaissent également en miniature et de magnifiques rocailles agrémentent le coup d'œil d'ensemble.

Au Japon, on raffine davantage le principe du jardin en y apportant l'art du bonsaï ou encore en créant des jardins uniquement constitués de pierres et de sable, savamment disposés. À l'image d'une nature plurielle et abondante, le jardin rappelle à l'homme l'humilité de sa position dans cet univers extraordinaire.

Le jardin Grec

Chez les Grecs, la conception du jardin prend des allures sérieuses et l'on fonde la botanique scientifique. Théophraste (v.372 av. J.-C.- v.288 av. J.-C.) constitue une première classification des végétaux. On établit d'autre part une corrélation entre optique et géométrie, ce qui permet d'utiliser la perspective dans la reproduction de décors.

Le principe d'abord appliqué aux scènes de théâtre échoit bientôt dans le domaine du jardinage. Naissent alors des jardins allégoriques qui illustrent des scènes mythologiques. Grâce à leur découverte en matière de perspective, les Grecs savent désormais reproduire trois dimensions sur un plan qui n'en possède que deux.

L'Empire romain succédant à l'empire grec reprend à l'avantage de sa gloire les techniques d'effet d'optique ainsi que les thématiques mythologiques afin de munir ses somptueuses villas de jardins grandioses, à l'image de ses conquêtes éclatantes. Grottes, statues, fontaines, canaux, cascades, colonnes, temples, etc., la démesure et l'excès sont au rendez-vous en ces lieux qu'on ne peut plus qualifier de jardins, mais bien de parcs, de domaines même.

De plus, on ajoute les peintures aux œuvres des jardiniers architectes qui taillent dans le lierre et les arbustes afin d'insérer dans un cadre naturel les allégories victorieuses de cette Rome conquérante.

Mais toute glorieuse soit-elle, Rome, à l'instar des autres grands empires de l'histoire, amorce sa chute et pendant quelques siècles, le jardin perdra de sa splendeur.

Culture générale

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