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Berlin, la chute du mur

8 Mai 1945. L'Allemagne capitule et son territoire devient l'enjeu d'une partition entre les trois signataires du traité de Yalta : l'Angleterre, les États-Unis et l'U.R.S.S. Plus tard, la France s'ajoutera également à la gestion administrative du territoire allemand et les divisions n'en seront encore que plus grandes dans cette Allemagne occupée. Berlin, ville phare et enjeu politique primordial, divisée en deux parties (l'Est aux Soviétiques, l'Ouest aux Occidentaux) suscite toutes les convoitises. L'U.R.S.S. veut en récupérer la totalité sous le faux prétexte d'en faire une ville libre, démilitarisée. Incrédules, les autres alliés s'y opposent.

Dès 1948, les intentions soviétiques se dessinent et la coopération entre les quatre entités administratives se rompt ; l'Union soviétique s'emploie désormais à brouiller les cartes entre les Occidentaux et Berlin-Ouest. Évidemment, deux Berlin, c'est aussi deux régimes politiques bien distincts. Les avantages du communisme à l'Est sont loin d'être aussi séduisants que les libertés du capitalisme de l'Ouest. Dans ces conditions, le choix se fait rapidement ; plus de 3,5 millions de Berlinois passent de l'Est à l'Ouest entre 1949 et 1961, un exode qui prive l'U.R.S.S. d'une jeunesse instruite et d'une main-d'œuvre vigoureuse. De plus, les performances économiques escomptées ne sont pas au rendez-vous à cause des départs massifs des travailleurs, et déjà cette République démocratique allemande se tient au bord de l'abîme. Les Soviétiques doivent à tout prix stopper le flux des défections. Ainsi naît, dans le plus grand secret, la mise en chantier du Mur de Berlin.

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, des grillages et une ceinture de barbelés s'érigent autour de Berlin-Ouest. Près de 14 500 membres des forces militaires bloquent les frontières entre les deux Berlin et participent aux modifications destinées à interdire le passage entre l'Est et l'Ouest. Bien que certains pourront encore passer les postes frontaliers jusqu'en septembre, on empêche désormais les RER et les métros de stopper en zone Ouest. Même les pavés seront retournés ou enlevés pour freiner une éventuelle traversée d'un côté à l'autre avant l'édification du mur. La chute du Mur de Berlin

Dans les semaines qui suivent, c'est un chantier gigantesque qui s'engage pour dresser les 155 kilomètres de mur, en béton cette fois, qui verrouilleront l'Ouest de Berlin complètement, condamnant ainsi amis et familles à se séparer dans des conditions souvent dramatiques. Économiquement, les conséquences sont aussi très dures : près de 63 000 salariés de Berlin Est perdent leur emploi à l'Ouest tandis que 10 000 salariés de Berlin Ouest perdent leur emploi à l'Est. Sur les 81 points de passage d'origine, il n'en reste plus que sept encore praticables à la fin de 1961, dont le célèbre Checkpoint Charlie.

L'organisation du mur, techniquement modifiée à quatre reprises au cours de son existence, implique plusieurs éléments. D'abord le mur extérieur, atteignant souvent 3,60 mètres de hauteur, puis un espace entre 30 et 100 mètres le séparant d'une autre clôture, celle-ci grillagée. À l'intérieur des deux cloisons, 302 miradors, plusieurs pylônes d'éclairage, 105,5 km de fosse antivéhicules, 124,3 km de chemin de ronde, 127,5 km de clôture électrique de signalisation, 259 postes de surveillance canine, 20 bunkers… À toute heure du jour ou de la nuit, des centaines de gardes frontaliers chargés d'empêcher les fuyards de réussir leurs tentatives. Munis de l'autorisation de tirer en cas d'extrême nécessité. Ce qui s'est produit, forcément, et dont le musée du Checkpoint Charlie témoigne encore, de même que de toutes les tentatives d'évasions qui ont ponctué la triste célébrité du mur.

Contesté, récrié, exécré depuis le premier choc qu'a causé sa découverte au matin du 13 août 1961, le Mur de Berlin est vite devenu le symbole de la honte, la preuve de l'échec d'un communisme autoritaire et dictatorial. Prisonniers dans leur ville, les Berlinois de l'Est vivent une existence grise, à l'image des blockhaus soviétiques. Plus de 100 000 citoyens tenteront de passer en République fédérale allemande au péril de leur vie. Multipliant les manifestations, les demandes d'autorisation de séjour, les contestations pacifiques, les dissidents flairent la faille derrière le rideau de fer. Mikhaïl Gorbatchev (1931- ), alors au pouvoir en U.R.S.S., a déjà amorcé les réformes de la Perestroïka et sa politique du Glasnost (politique de la transparence) a trouvé écho chez les Hongrois. Ces derniers entament le processus d'ouverture de leurs frontières avec l'Autriche dès le 2 mai 1989. Une véritable décharge électrique pour les captifs de Berlin Est qui y voient immédiatement un chemin assurant leur fuite vers l'Ouest. Septembre, des milliers de Berlinois se pressent aux frontières austro-hongroises et réussissent leur évasion.

Un vent de liberté gagne la RDA, les manifestations s'accentuent et le pouvoir en place s'inquiète. Tant et si bien que le Président du Conseil d'État de la République démocratique Allemande, Erich Honecker (1912-1994) démissionne au profit d'Egon Krenz (1937- ), qui cèdera à la pression populaire et autorisera finalement le démantèlement du mur honteux. Le 7 novembre, une manifestation regroupant plus 500 000 militants (certains observateurs ont même avancé le chiffre de 1 million) fait tomber l'autorité du gouvernement soviétique. Deux jours plus tard, Krenz annonce officiellement une mesure d'assouplissement aux points de passage. Dans les heures qui suivent, des milliers de personnes affluent aux postes douaniers pour sortir de Berlin Est. Débordés par cette foule qui devient incontrôlable, les gardes frontaliers baissent les armes et abandonnent toute volonté de rétention.

Les heures se succèdent et, peu à peu, dans les débordements et la joie des retrouvailles, les Berlinois de part et d'autre grimpent le mur et l'assaillent. Des pics, des masses, des marteaux, des pioches se brandissent soudain et ce sont les premières brèches qui se forment un peu partout. Ce moment qui a marqué l'Histoire, immortalisé par de nombreuses télévisions à travers le monde, a même vu le violoncelliste virtuose Mstislav Rostropovitch (1927-2007) se joindre aux démolisseurs et les encourager en jouant au pied du mur. Cette allégresse, cette liesse contagieuse, et vécue en temps réel d'un bout à l'autre de la planète, crée une onde de choc dans toute l'Europe. C'est la fin de la Guerre froide, une cuisante défaite pour le régime communiste en Occident, et le début d'une époque florissante pour une nouvelle Allemagne unifiée.

Quelques pans de ce mur existent toujours dans Berlin aujourd'hui. Une partie du tracé en est d'ailleurs marquée au sol par une double rangée de dalles. Un parcours historique est désormais jalonné de lieux commémoratifs qui rappellent les tentatives d'évasion ou les emplacements de miradors, les postes frontières, les tunnels, etc. Le Mur, bien qu'il ne soit plus là, fait bel et bien partie de la mémoire collective berlinoise.

Pour les célébrations du 20e anniversaire de sa chute, une centaine d'artistes viendront restaurer la fresque de 1,3 km de mur longeant encore la rivière Spree et que l'on nomme désormais : l'East Side Gallery. Une restauration pour les jeunes générations, afin qu'elles n'oublient pas…

N.B. Pour ceux qui souhaiteraient une approche plus intimiste de la chute du Mur de Berlin, voyez l'excellent film "Good Bye Lenin!" (2003), du réalisateur allemand Wolfgang Becker.

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