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Quand les guerres se prolongent…

Les plus anciennes traces de conflits guerriers remontent à plus de 2400 av. J.-C. Ils impliquaient alors les cités États de Lagash et Oumma, en Mésopotamie. Trois siècles durant, les hostilités se prolongèrent afin de déterminer de façon permanente le statut frontalier de chacune des deux principautés. Or cette querelle de frontière ne cessera plus de se répéter au cours de l'Histoire avec autant de variantes que la cupidité humaine en imaginera. On fera désormais la guerre pour de nombreux motifs, toujours valables selon les belligérants, dans l'espoir de conquérir de nouveaux territoires (la guerre de Cent Ans) ou de repousser les limites d'un ancien (les guerres puniques), dans le but d'accroître son pouvoir (la guerre du Péloponnèse), pour accéder à un trône ou un héritage (la guerre des Deux-Roses), pour racheter un honneur bafoué (la guerre de Troie), pour imposer sa religion (les campagnes de Mahomet) ou pour épurer la race (la guerre au Rwanda)…

Si la conquête et le pouvoir restent les motifs principaux incitant à la guerre, l'épuration ethnique et les conflits religieux en sont un carburant inépuisable. Il n'est pas rare qu'entre membres d'une même famille, habitants d'une même cité, individus d'un même pays, les affrontements éclatent, motivés par une haine raciale ou quelques divergences religieuses. Les guerres de religion, en France, en sont un exemple troublant, guerres pendant lesquelles parricides, matricides, fratricides, etc., ont divisé et décimé des familles entières de 1562 à 1598. Et pourtant, en ce 16e siècle de découvertes et de conquêtes, les civilisations devaient déjà avoir dépassé les simples querelles de clans…

On peut penser que les guerres, conséquemment, ne sont pas le fait d'un manque d'évolution de la nature humaine. Elles présentent certains avantages qui les font se perpétrer, d'un siècle à un autre, malgré le développement intellectuel et moral de l'être humain. Dans l'Antiquité, les guerres profitaient aux dirigeants, et à l'armée des diverses contrées engagées, par le pillage et la conquête de territoires. Ainsi la guerre du Péloponnèse, opposant les Athéniens aux Spartiates pendant 27 ans (de 431 av. J.-C. à 405 av. J.-C.) a permis, parfois aux uns, parfois aux autres, des gains territoriaux, des avancées culturelles, une économie en progression, etc. Sparte, victorieuse au terme du conflit, a conservé son prestige une vingtaine d'années. C'est ensuite Athènes qui a fait la gloire du peuple grec à titre de capitale de la civilisation. On peut donc croire que Spartiates et Athéniens ont estimé que leurs gains valaient bien les aléas de cette guerre… Guerres interminables

À travers de nombreuses luttes ayant pour motif la conquête sont également nées les épurations religieuses. Mahomet a converti à l'Islam de nombreux fidèles par la voie des armes, les Espagnols ont converti les autochtones d'Amérique par le feu et le sang… Mais nous savons pertinemment que les armées du Prophète et les soldats espagnols avaient pour objectif premier d'acquérir de Nouveaux Mondes au nom de leur souverain respectif. Or ces grandes victoires, incontestables trophées d'habiles tacticiens, installèrent bientôt des climats de querelles permanents par le biais de dissidences religieuses et ethniques sur les terres conquises. Et ce, pour des centaines d'années à venir.

Aujourd'hui, ce sont surtout ces conflits ethniques et religieux qui retiennent l'attention et suscitent l'indignation. Par leur violence, par les injustices qu'ils font vivre aux civils, par la misère et la cruauté dans lesquelles ils maintiennent de nombreuses victimes... Parce que l'on comprend mal comment des pays, qui se trouvent déjà dans des situations défavorables au niveau du développement socio-économique, se lancent dans des luttes intestines qui n'aboutissent jamais. On ne soupçonne même pas le nombre de ces guerres actuellement en cours. En voici quelques exemples :

- Vieux de près de 900 ans, le conflit irlandais remonte aux invasions anglo-normandes du 12e siècle alors que l'Irlande est cédée au roi Henri II d'Angleterre (1133-1189). Le pays majoritairement papiste doit désormais supporter l'anglicanisme après la venue du roi protestant, Henri VIII (1491-1547) au 16e siècle. Des conflits religieux s'amorcent alors pour des siècles à venir. En 1922, on crée l'État libre d'Irlande, mais des affrontements entre protestants et catholiques continuent de ponctuer la vie des Irlandais. C'est toutefois le dimanche 30 janvier 1972 qui restera gravé dans les mémoires. En ce "Bloody Sunday", l'armée britannique ouvre le feu sur une manifestation catholique. C'est le début d'une série d'actes terroristes perpétrés par l'IRA et par les para-militaires loyalistes qui feront des milliers de victimes civiles. Le 10 avril 1998, les accords du Vendredi Saint sont signés et depuis, une paix fragile est observée par les unionistes (protestants) et les républicains (catholiques). Malgré la trêve, on recense encore près d'une centaine de morts liés à ce conflit après 1998.

- La guerre russo-géorgienne fait rage depuis la chute du régime communiste de l'ex Union Soviétique. Les peuples d'Ossétie, d'Abkhazie et de Tchétchénie revendiquent leur caractère distinct par divers moyens, notamment le terrorisme. On pourrait croire que le conflit se résume à une guerre de reconnaissance ethnique et pour la récupération d'un territoire mal réparti après le communisme. Mais la Géorgie, parrainée par les États-Unis d'une part, et sommée de faire allégeance à la Russie d'autre part, devient peu à peu un enjeu politique important pour illustrer la montée d'une nouvelle puissance russe. Un conflit donc, qui risque de prendre une ampleur conséquente…

- Les guerres ethniques au Congo sévissent depuis 1994. Après le génocide au Rwanda, jamais les exactions n'ont cessé. On estime aujourd'hui à plus de trois millions les victimes de ce carnage. Les viols sont devenus simples faits du quotidien, les enfants soldats qui meurent dans les affrontements se comptent par milliers. Or le Congo recèle de nombreuses richesses convoitées par les uns et par les autres. Évidemment, ces trésors attirent banditisme et corruption, ce qui nourrit la guerre et maintient le chaos nécessaire aux trafics de toute sorte.

- Les tensions religieuses et tribales au Yémen font des centaines de victimes depuis de nombreuses années. Entre le gouvernorat de Saada, le groupe rebelle Al Houthi, les puissants cheiks, et les terroristes d'Al Qaeda, le pays subit une pression constante qui fait éclater des foyers d'affrontements de façon régulière, un peu partout sur l'ensemble du territoire.

- Depuis 1979, le conflit afghan se prolonge. Après l'occupation russe, les civils afghans tentent désespérément d'échapper aux guerres tribales et à la dictature des Talibans. Le pays, longtemps déchiré par les rivalités entre Chiites et Sunnites, doit maintenant naviguer entre les interventions intéressées des différentes forces étrangères qui viennent l'assister et le très lucratif trafic de drogue opéré par les Talibans. Une guerre civile complexe, envenimée par un nombre croissant d'intervenants extérieurs.

- Au Sri Lanka, la guerre des rebelles Tamouls a tué plus de 70 000 personnes depuis 1972. Les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) revendiquaient la reconnaissance d'un État Tamoul alors que la majorité cinghalaise (74 %) refusait d'y consentir, arguant que les Tamouls avaient déjà suffisamment été favorisés par les colonisateurs anglais jusqu'à l'indépendance en 1948. Il semble que les Tigres tamouls aient abdiqué depuis mai 2009, mais cette paix reste encore bien fragile.

- Plus de 30 ans de guérilla islamique aux Philippines ont fait approximativement 200 000 victimes à ce jour. À partir des années 1960, le Front Moro de libération islamique apparaît et revendique son indépendance dans le sud du pays. Comme ce dernier se compose de 85 % de catholiques, des affrontements éclatent. En 1991, le groupe de rebelles se scinde et naît la faction Abu Sayyaf. Mais dès la mort de leur chef, ces guérilleros deviennent de véritables bandits et l'idéologie indépendantiste ne présente que bien peu d'intérêt en comparaison des gains que rapportent leurs activités criminelles. Entre trêves et processus de paix, il restera toujours le contingent des pirates d'Abu Sayyaf pour remettre de l'huile sur le feu…

Ces guerres reposent principalement sur des haines bien enracinées. Elles explosent souvent après de longues années à subir des situations d'injustice ou d'oppression. Une fois amorcée, c'est le ressenti de plusieurs générations qui s'y expriment. Voilà peut-être pourquoi elles sont si longues à freiner. Mais le temps d'expurger les rancœurs permet aussi à d'autres nations de se mêler de ces conflits et de les alimenter. Ils servent alors de prétexte à des guerres d'enjeux économiques qui ne correspondent désormais plus aux motifs d'origine. Or quand les rebelles des guérillas des pays en voie de développement deviennent les soldats de plomb des grandes puissances, il ne reste plus que l'opinion publique pour dénoncer. Piètre consolation pour certains, grand espoir pour les autres…

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