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Accros du boulot

De plus en plus de salariés se reconnaissent à travers ce schéma : des heures de travail régulières assorties de quelques heures supplémentaires, pimentées de quelques tâches de dernières minutes et, peu à peu, des week-ends qui rétrécissent au profit de certaines demandes expresses d'un patron, etc. C'est le début d'une dépendance au travail, symptomatique d'une société qui promeut des standards de performance toujours plus élevés ou encore d'une estime de soi pas terrible qui ne s'épanouit, au final, que par des prouesses de travail quasi inhumaines.

Inconnu à une époque où une majorité de travailleurs s'échinaient (c'était la norme) dans des usines crasseuses pendant de longues heures, ou dans les champs à besogner comme des esclaves dans des conditions climatiques extrêmes, le phénomène du workaholisme pourrait sembler tout droit sorti des milieux administratifs qui emploient de plus en plus de travailleurs aujourd'hui. Mais pourtant, les drogués du boulot viennent de tous les secteurs d'activités, aussi bien des milieux agricoles, que du domaine de la santé, de l'hôtellerie, de la construction, etc.

Mais pourquoi ce désir, ce besoin ou cette nécessité de travailler toujours plus ? De bosser au-delà de ce que les capacités physiques permettent normalement, au-delà de ce que les normes du droit du travail prescrivent, au-delà de ce qu'une vie saine et équilibrée suppose ?

Accros du boulot

Selon de nombreux chercheurs, psychiatres et sociologues, plusieurs motivations seraient à l'origine du comportement compulsif qui pousse un individu à vouloir performer toujours davantage. Évidemment, des considérations financières interviennent à titre de finalité, mais des difficultés relationnelles, une estime de soi peu développée, une nature extrêmement compétitive ou encore un besoin de contrôle absolu stimulent assurément le workaholique de façon plus ou moins soutenue.

Un psychiatre américain, Bryan E. Robinson de l'université de Charlotte en Caroline du Nord, a identifié quatre types de travailleurs compulsifs, qu'il qualifie ainsi :

1)Le travailleur acharné. Robinson le définit comme une nature qui se nourrit de sensations fortes et qui exprime sa satisfaction de lui-même dans la quantité de travail qu'il abat et non dans la qualité. Il s'agit donc d'un bosseur négligent qui commet souvent des erreurs.

2) Le travailleur boulimique. Celui qui peut s'impliquer dans plus d'une tâche à la fois, mais qui a à cœur de terminer ce qu'il entreprend. Toutefois, sa passion n'est pas permanente. Il peut aussi se complaire dans des phases d'apathie pendant lesquelles il remet tout au lendemain.

3) Le travailleur avec déficit d'attention. Il est éparpillé et carbure à l'adrénaline. Il accepte tout ce qu'on lui propose, mais parvient rarement à mener à terme ses engagements.

4) Le travailleur perfectionniste. Incapable de déléguer, le perfectionniste est celui qui ne lâche pas. Il a besoin d'un contrôle absolu sur les gens et les choses, en général, et chacun de ses projets débouchera sur une production achevée, léchée, astiquée, bref irréprochable.

Un autre chercheur américain, Wayne Oates (instigateur du terme workaholic), donne quant à lui quatre versions différentes du "fou de boulot" :

1) Le converti. Il s'agit du travailleur compulsif qui a finalement compris après une expérience suffisante que le travail n'est pas tout et que l'épanouissement de l'être ne survient qu'avec la condition d'une vie sociale et personnelle satisfaisantes.

2) Le situationnel. Sans être tout à fait dépendant, il bosse plein régime pour s'assurer d'une sécurité d'emploi avant tout chose et ainsi apaiser ses incertitudes financières.

3) Le pseudo-workaholique. Il est le portrait type de celui que l'on croit débordé, qui donne l'apparence de trimer comme un malade, qui est toujours au top de ses performances, mais qui au fond calcule le moindre de ses gestes. Cette façade n'a d'autre objectif que de rafler les promotions et de monopoliser l'attention dans le cadre du travail.

4) Le fuyard. Afin d'éviter la maison, les responsabilités familiales, une vie de couple ennuyeuse, les turbulences des enfants, le fuyard bosse pour échapper à sa condition sociale. Il est peut-être le plus commun des workaholiques.

Peu importe ce qui le pousse, le bourreau de travail se sent vraisemblablement plus à l'aise sur son lieu de travail qu'à la maison. Sa famille ou ses relations personnelles ne le satisfont pas et son échappatoire reste le boulot. Il y passe le plus de temps possible et dès qu'il en a l'occasion, il ramène chez lui un petit bout de ce boulot. Pourquoi couper le cordon, c'est si rassurant ! Cette dépendance devient pour lui une sorte de rempart, une extension de lui-même aussi, qui le conforte dans sa propre image de héros ou de pourvoyeur infatigable. Et quiconque voudrait lui intimer de ralentir le rythme se heurterait à l'indifférence ou encore à une agressivité injustifiable. Le workaholique est un drogué qui peut facilement expliquer la nécessité de son comportement par des traites à payer, des charges à assumer, des rêves à réaliser, sans même admettre le fait de cette dépendance. Comme l'alcoolique ou le drogué, il préfère le déni. Mais il n'est toutefois pas à l'abri…

Le pire ennemi du workaholique est inévitablement le manque de reconnaissance, la non-récompense en regard de ce labeur de forcené que ses patrons auront considéré, tout simplement, comme un acquis ou comme une attitude parfaitement normale. Devant une telle déception, le bourreau de travail, qui mise tout sur sa carrière, se retrouve désemparé et son ego en prend pour son grade. Déjà son investissement en terme d'efforts physiques et de disponibilité a sans doute ébranlé sa santé (morale, psychique et physique). Il comptait sur une distinction afin de se hisser au-dessus des autres et voilà que la reconnaissance n'est pas à la hauteur de ses attentes. Il risque alors le burn-out, la dépression, le dérèglement de ses capacités intellectuelles, des crises d'anxiété, une mésestime de soi croissante et surtout une multiplication d'erreurs et de faux pas qui ne feront qu'aggraver tous ces symptômes. Le workaholique amorce doucement sa chute.

Bien sûr, dans de nombreux cas, la personne qui se donne corps et âme à sa vie professionnelle finit par obtenir promotions et gratifications de toutes sortes. Mais l'on observe également que ces primes compensatoires restent souvent en deçà de ce qui nourrissait les espoirs du principal intéressé. Et c'est bien là la tragédie de celui ou celle qui choisit de consacrer sa vie et son énergie à un travail. En négligeant sa vie personnelle et sa vie sociale, le workaholique s'effondre lorsque le vernis craque et que sa valeur professionnelle est mise en péril ; il n'a pas d'autre échelle de valeur de soi pour se reconstruire.

Aussi, si ne vous ne pouvez vous soustraire à la nécessité de toujours prouver votre valeur par le travail, si vous cherchez à vous rendre irremplaçable au boulot, si votre vie affective n'est plus qu'un vague souvenir, si vous préférez le sourire tranchant de votre patron à la bonne humeur de vos proches, si vous percevez vos collègues comme d'abominables paresseux, si vous dites non à toute forme d'activités sociales pour consacrer de plus en plus de temps à votre travail… C'est le temps ou jamais de mettre le pied sur le frein et de stopper votre course juste avant de tomber… Vous êtes au bord du précipice… RÉVEILLEZ-VOUS !!

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