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Pierre Gole : Ébéniste de Louis XIV
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Louis XIV, le Roi qui aimait les Arts !

Né en 1638 après vingt-trois années d'espoir, le petit Louis-Dieudonné, dauphin de France, soulage enfin le couple royal, Anne d'Autriche (1601-1666) et Louis XIII (1601-1643) de tous les complots de succession qu'on ne cesse de fomenter autour du trône. Le futur roi ainsi que son cadet Philippe (1640-1701) reçoivent une éducation conventionnelle sous la férule du cardinal Mazarin (1602-1661), parrain de Louis. Mais malgré de nombreux précepteurs, Louis n'est pas un élève appliqué. Le latin, l'italien, les mathématiques et l'histoire le stimulent très peu. En revanche, il présente des dispositions certaines pour la peinture, l'architecture, la musique et surtout la danse. Mazarin possédant une collection d'art impressionnante participe à cette passion pour les arts qui se développe chez Louis.

Le futur roi dansera au moins deux heures chaque jour en compagnie de maîtres compétents et deviendra un artiste émérite dans cette discipline. En 1653 déjà, à l'âge de 15 ans, Louis danse dans le Ballet Royal de la Nuit aux côtés du compositeur italien Jean-Baptiste Lully (1632-1687), qui deviendra plus tard le surintendant de la musique royale. L'amour de la danse prend une place considérable dans l'esprit de Louis et sa fascination pour la mise en scène grandiose des ballets n'est pas sans lui suggérer quelques idées pour son règne.

Cette combinaison de musique magistrale et de déploiement de décors fastueux présentant des allégories de toute nature peut être un véhicule politique puissant. Louis le comprend rapidement et dès lors, son désir est de construire son règne selon une image précise. Écœuré par l'attitude des grands de la cour pendant son enfance (la Fronde en 1650, notamment), Louis, après la mort de Mazarin, décide que la monarchie ne connaîtra d'autre juge que Dieu lui-même. Grâce à l'art, à la musique de Lully, aux ballets et aux différents spectacles royaux, le nouveau souverain magnifie son image, la hisse au rang du sublime et impose à tous ses sujets, nobles ou roturiers, l'absolutisme. Louis XIV, le Roi qui aimait les Arts !

Louis XIV, dès le Ballet Royal de la nuit, choisit le soleil comme emblème. Et il brillera ce soleil sur l'Europe entière tout au long de ce prodigieux règne de soixante-douze ans, dont dix-huit sous régence. Pour réaliser cette aura de magnificence qui entoure sa royale personne, le roi instaure un mécénat qui protégera des artistes de génie, en outre les auteurs Molière (1622-1673), Jean Racine (1639-1699), Nicolas Boileau (1636-1711) et Jacques Bossuet (1627-1724) ; les peintres Antoine Coypel (1661-1722) et Charles Le Brun (1619-1690) ; le jardinier André Le Nôtre (1613-1700) ; les architectes Claude Perrault (1613-1688) et Louis Le Vau (1612-1670), le sculpteur Antoine Coysevox (1640-1720) ; les musiciens Lully et Michel-Richard Lalande (1657-1726).

Le roi, grand amateur de ballets, d'opéra et de théâtre adore assister aux spectacles. Il protège déjà la troupe des Comédiens Italiens qui devient la troupe des Comédiens ordinaires du Roi. Il garde aussi sous son aile le célèbre Scaramouche, l'acteur Tiberio Fiorilli (1608-1694) auquel il permet d'occuper le Petit-Bourbon (qu'il partage avec l'Illustre Théâtre de Molière) et l'Hôtel de Bourgogne. Passionné de danse, Louis fonde en 1661 l'Académie de danse où l'on forme les danseurs du Ballet de la Cour. Les spectacles se succèdent à différents endroits puisque aucune salle officielle n'est allouée aux représentations. Malgré cette lacune étonnante, certains historiens avancent le chiffre de mille deux cents tragédies et comédies jouées pour la cour sous le règne du Roi-Soleil. En 1680, il crée la Comédie française et octroie au théâtre une identité désormais nationale.

Pour divertir la cour, Louis ne recule devant aucune facétie. Il veut que la noblesse comprenne bien qu'il est le seul maître de ce royaume et qu'il y contrôle les guerres comme les plaisirs. Louis donne donc des fêtes. Au printemps 1664, la fête "Les Plaisirs de l'Ile enchantée", dure huit jours. Des épreuves sportives se déroulent, on y déclame de la poésie, on y produit des concerts, on y joue la pièce "La Princesse d'Élide", de Molière et Lully. Des feux d'artifice couronnent ces moments de réjouissances inégalables. Quatre ans plus tard, le roi récidive avec "Le Grand Divertissement royal ". Molière et Lully s'associent une fois de plus pour donner les spectacles : "Les Fêtes de l'Amour" et "Bacchus". Pour l'occasion, les nobles profitent de somptueuses architectures éphémères, d'illuminations fabuleuses, de festins copieux et de bals magnifiques. En 1674, une nouvelle grande fête se déroule à Versailles. Cette fois ce sont la Grotte de Thétis et la Cour de marbre qui servent de théâtre. On donne "Alceste" de Lully et "Le Malade imaginaire" de Molière, mort l'année précédente. Le Roi danse une dernière fois le rôle du Grand Amant dans "Le Ballet des Amants magnifiques". Ce goût pour la mise en scène est donc pour le roi un outil promotionnel d'une envergure inestimable.

Mais le souverain fait mieux encore, il bâtit. Louis XIV initie d'abord des travaux pour améliorer le Louvre. Puis il se tourne vers Versailles dont il améliore l'environnement dès 1661. Mais en 1668, il confie à Le Vau la tâche d'agrandir le vieux château. Cette construction datant du règne de Louis XIII est alors entourée par un nouvel édifice que l'on appellera désormais le Château Neuf afin de le distinguer du Château Vieux. Les travaux de Le Vau transforment l'endroit, les façades sont décorées de colonnes, on ajoute des balcons de fer forgé recouvert de dorure, des bustes apparaissent sur des balustrades élégantes, on garnit les toits d'ornements et l'on relie les communs au Château Vieux par une succession de pavillons qui forment la Cour Royale, fermée par une grandiose grille dorée. En quelques années, Versailles devient le modèle à suivre dans toute l'Europe. Il commande ensuite la Galerie des Glaces à Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) et en confie la décoration à Charles Le Brun. Dans ce Versailles sans commune mesure, Louis XIV enchaîne les réalisations époustouflantes : l'Orangerie (3 000 arbustes/150 000 spécimens floraux), Le Grand Commun, les Écuries, l'Aile nord des Courtisans, le Grand Trianon, l'Appartement des Collections, la Chapelle, la Grotte de Thétis, le Grand Canal et les célèbres Jardins baignés de fontaines et de bassins tout aussi splendides les uns que les autres, des œuvres extraordinaires qui font de Versailles un chef-d'œuvre unique au monde.

Faisant ainsi de sa cour la plus divertissante d'Europe en y laissant rayonner des intellectuels de tout acabit, s'exprimant dans un langage dont l'éloquence et l'élégance font l'envie de toutes les autres cours royales, Louis XIV impressionne. Les courtisans sont instruits, ils sont se façonnent dans les salons des Précieuses, et la langue à la cour du Roi est une œuvre en soi. Sous Louis XIV en France, on ne dégaine plus l'épée pour assassiner l'ennemi ou régler ses comptes, on dégaine le "bon mot". Les subtilités de la conversation deviennent un art des plus délicats et la blessure qu'occasionne un mot, une phrase, tue plus certainement que n'importe quel coup d'arquebuse. Le langage sous Louis XIV prend tant d'importance que les jésuites le définiront en ces termes dans le dictionnaire Trévoux, de 1721 : "Le long & florissant régne de Louïs XIV a donné au François sa pèrfection : les grandes qualitez de ce Prince, son goût pour les beaux Arts, & celui de tous les Princes de sa maison, rendirent sa Cour la plus polie & la plus spirituelle, comme elle étoit la prémière du monde : l'esprit y bri lla autant que la magnificence, & ses Généraux auroient pû disputer aux Grecs & aux Romains la gloire de bien écrire, comme ils leur avoient enlevé celle de bien faire la guèrre. De la Cour l'élégance & la pureté du langage s'est répanduë dans les Provinces : tout le monde aujourd'hui parle & écrit bien en France, & ce n'est plus un mérite singulier de le faire."

Le génie artistique, l'éloquence langagière, les spectacles extravagants, l'architecture grandiose des constructions ne suffisent toutefois pas à la grandeur du monarque. C'est pourquoi naît aussi le style Louis XIV dans l'ameublement de la noblesse et de la bourgeoisie. Sous l'influence du maître ébéniste André-Charles Boulle (1642-1732) et du maître menuisier Pierre Gole (v.1620-1685), les créations de style Louis XIV se multiplient. On crée la commode pour remplacer le coffre, le bureau pour remplacer le cabinet, les fauteuils à oreillettes… Les meubles sont ornementés de figures décoratives afin d'exprimer la toute-puissance du souverain. Tout doit promouvoir la force et la magnificence de Louis.

Jamais roi français ne connut plus prodigieux rayonnement que le Roi-Soleil. Malgré les nombreuses guerres qu'il a menées, malgré l'appauvrissement du trésor royal, malgré la multitude de maîtresses dont il s'est entouré, l'Histoire se souvient plus volontiers de ses constructions exceptionnelles, de sa créativité étonnante et de sa passion pour les arts. Qui sait, né de parents pauvres au fond d'une chaumière ordinaire, Louis-Dieudonné aurait peut-être fait ombrage à Molière…

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