- Saint-Jean de Capistran
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Littérature

Les salons littéraires des femmes

On ne saurait évoquer les délices de l'esprit qui firent la joie des salons littéraires sans mentionner le courant philosophique qui les permit : la préciosité. Lassées par les brutalités langagières de la cour d'Henri IV, quelques femmes jugèrent qu'il fallait élever l'esprit, le raffiner, le magnifier, et ce, en usant du vocabulaire comme d'autres usaient alors de l'épée.

Mouvement littéraire et intellectuel, à l'instigation de femmes d'abord, bientôt rejointes par un nombre important d'hommes de lettres, la préciosité fut jugée, d'emblée, détestable par de nombreux esprits conservateurs.

Des idéologies avant-gardistes, notamment la contestation de la supériorité masculine sur le féminin, firent réagir les artistes de l'époque, dont Molière (1622-1673), qui ridiculisa la préciosité dans sa fameuse pièce : Les Précieuses Ridicules (1659).

Toutefois, malgré ces aversions déclarées, les Précieuses installèrent progressivement, au cœur des salons qu'elles tenaient, leur concept de préciosité. Finesse des mots, éloquence de la réplique, élégance vestimentaire, mœurs idéalisées, amours inatteignables, autant de nobles attitudes pour ravir toute une société d'aristocrates en quête de pureté et d'élévation de l'âme.

Premier salon reconnu

Le premier salon reconnu (1608) fut la célèbre chambre bleue de la marquise de Rambouillet. Catherine de Rambouillet (1588-1665), d'une grande vivacité d'esprit, férue d'arts, d'histoire et de lettres, choisit de tenir son salon dans son hôtel parisien (l'hôtel de Rambouillet) et d'y recevoir les grands lettrés du temps, ménageant aux femmes une place privilégiée.

Ainsi, se côtoyèrent chez elle des écrivains d'exception comme Corneille (1606-1684), Bussy-Rabutin (1618-1693), Voiture (1597-1648) mais aussi des femmes dont la plume était aussi acérée de critiques pertinentes que leurs mots d'esprit pouvaient assassiner de réputations dans le grand monde : madame de Sévigné (1626-1696), la duchesse de Longueville (1619-1679) ou encore madame de La Fayette (1634-1693).

Les femmes et les salons littéraires

Mademoiselle de Scudéry

En 1652, c'est Madeleine de Scudéry (1607-1701) qui ouvrit un salon littéraire des plus brillants dans le Marais, recevant des érudits renommés dans le cadre de ce qui devint : les samedis de mademoiselle de Scudéry.

Romancière à succès, publiant sous le nom de son frère Georges, elle écrivit notamment le plus long roman de la littérature française Artamène ou le Grand Cyrus (1649-1653, en 10 volumes) et fut à l'origine de la célèbre Carte de Tendre, dans le roman Clélie, histoire romaine (1654-1660), ce pays imaginaire figurant l'idéal d'une géographie amoureuse.

Mademoiselle de Scudéry se distingua également en se prononçant contre le mariage, le considérant comme une tyrannie, qu'elle évita pour sa part en conservant le célibat sa vie entière.

Ninon de Lenclos

Courtisane, épicurienne et femme de lettres, l'exquise Ninon de Lenclos (1616-1705) tint à son tour salon dès 1667, réunissant autour d'elle autant d'admirateurs masculins que féminins.

Admirable musicienne, versée dans les sciences, maîtrisant, en plus du français, l'italien et l'espagnol, Ninon faisait fleurir les beaux esprits lors de ses cinq à neuf quotidiens.

Celle que l'on surnommait Notre Dame des Amours, aussi fameuse pour ses nombreux amants que pour son esprit libre et indépendant, s'entoura de penseurs éloquents mais aussi de femmes savantes. Marguerite Hessein de la Sablière (1636-1693), Charlotte-Élisabeth de Bavière (1652-1722), Henriette de Coligny (1618-1673), Marie Desmares dite la Champmeslé (1642-1698), Françoise d'Aubigné (1635-1719), ainsi que son amie intime Marion Delorme (1611-1650) comptèrent parmi ses plus ferventes adeptes.

Madame de Geoffrin

Bientôt, le goût des bons mots devint presque une affaire d'État et l'on poursuivit au XVIIIe siècle la tradition des salons littéraires.

De 1749 à 1777, l'un des salons les plus fréquentés fut celui de madame de Geoffrin (1699-1777). De naissance modeste, mais unie à un homme fortuné, elle réalisa le rêve de son existence en tenant salon, deux fois semaine, recueillant chez elle des artistes moins bien nantis, comme Voltaire (1694-1778) ou d'Alembert (1717-1783) à une certaine époque, leur offrant gîte et couvert en contrepartie de leur connaissance, de leur érudition, de leur bel esprit.

Madame de Staël

Madame de Staël (1766-1817), l'une des plus illustres intellectuelles de son époque, tint aussi un salon des plus passionnés, prenant la suite de sa mère, madame Necker (1739-1794), que l'on considère aujourd'hui comme la dernière salonnière de l'Ancien Régime.

Ayant reçu très tôt une éducation diversifiée, érudite à quatorze ans, Germaine de Staël recevait des hommes influents : le marquis de La Fayette (1757-1834), le vicomte de Noailles (1756-1804), Louis de Narbonne (1755-1813), Talleyrand (1754-1838) ou encore Benjamin Constant (1767-1830).

Ses considérations politiques et son souci de la condition féminine la firent exiler par Napoléon. Les salons littéraires avaient aussi des ennemis…

Sophie de Condorcet

Sophie de Condorcet (1764-1822), écrivain et féministe, dès 1786 reçut des philosophes progressistes dans son salon de l'Hôtel des Monnaies, soutenu par l'ouverture d'esprit de son mari, le marquis Nicolas de Condorcet (1743-1794).

Ensemble, ils contribuèrent largement à la diffusion d'une pensée évolutive au sujet de la condition féminine, dont résulta le fameux opuscule Sur l'admission des femmes au droit de cité, par le marquis en 1790.

Un espace masculin

Le salon littéraire, par le droit de parole qu'il accordait aux femmes, leur permettait de jouer un rôle social. Il n'était pas rare que des décisions politiques d'un grand intérêt se prennent lors de ces manifestations intellectuelles, de même que les hommes influents de l'époque demandaient souvent conseil à ces salonnières si avisées.

Au XIXe siècle toutefois, le salon littéraire devint de plus en plus un espace masculin. Celui que tenait l'écrivain Rachilde (1860-1953), dans les bureaux du Mercure de France, n'était fréquenté, à quelques exceptions près, que par des hommes : Oscar Wilde (1854-1900), Paul Verlaine (1844-1896), Pierre Louÿs (1870-1925), Joris-Karl Huysmans (1848-1907) et de nombreux autres.

Culture générale

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