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La littérature érotique

Rares sont les lecteurs qui n'ont pas un jour succombé à la tentation de savourer la chair des mots par le biais de récits coquins ! La littérature érotique, depuis le fameux Kama Sutra, compilation de textes traditionnels datant de plusieurs siècles av. J.-C., jusqu'à l'engouement qu'elle connaît à l'heure actuelle, a toujours été sujet de controverse. Tantôt brûlée, tantôt adulée, souvent secrète, parfois étalée, elle suscite offense et curiosité, rejet ou passion.

Sa réception enthousiaste ou non auprès d'un lectorat témoigne d'une perception sexuelle dans sa globalité. Plus elle s'expose librement au grand jour, épanouie dans ses images suggestives et sensuelles, plus la sexualité du moment, celle que le commun des mortels partage, est banale, sans surprise et sans âme, clinique, à la limite de la pornographie. Depuis Alina Reyes (Le Boucher, 1988 ; Au Corset qui tue, 1992) ou Anne Rice (Les Infortunes de la Belle au Bois Dormant, 3 tomes 1983-1985), la récente littérature érotique se cantonne dans une narration quotidienne de la domesticité sexuelle, sans grand intérêt bien souvent, et plus proche d'une pornographie exhibitionniste que d'une réelle implication littéraire. Ajoutons à cela une culture du récit érotique via Internet, qui fait de la nouvelle érotique bon marché une sorte de récréation massive pour des millions d'internautes assoiffés de sexe cru et direct, et voilà que la vie de la littérature érotique, magnifiée par une esthétique d'élégance et des constats sociaux pertinents, est peut-être désormais menacée.

Littérature érotique

Certes quelques auteurs se distinguent du lot, notamment aux éditions La Musardine, spécialisées dans les publications érotiques de qualité, mais l'on reste bien loin des exercices stylistiques du pervers marquis de Sade (La nouvelle Justine, 1799), de l'humour caustique de Bussy-Rabutin (Histoire amoureuse des Gaules, 1666), des contestations socio-morales de Diderot (La Religieuse, 1796) ou encore de l'extraordinaire langage de séduction chez Choderlot de Laclos (Les liaisons Dangereuses, 1782).

Longtemps destinée à une certaine fraction de la population, la littérature érotique circulait clandestinement dans les salons et, bien sûr, n'était destinée qu'aux seuls lettrés. Peut-être est-ce la raison pour laquelle ses standards de compositions s'élevaient alors aux formes les plus suaves, les plus charmantes, les plus exquises pour l'esprit. Jeu d'écriture pour nombre d'auteurs, outil de provocation par excellence, la littérature érotique devenait aussi l'épée idéale pour régler quelques comptes à la cour des grands. Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693) l'apprit d'ailleurs à ses dépens, embastillé par Louis XIV en 1665, qui trouva sa façon d'exhiber les pratiques intimes des dames de la cour fort détestable.

Déjà, dans l'Antiquité, on l'apparenta à un instrument de scandale quand il fut question de faire évoluer les mentalités. N'hésitant pas à promouvoir un langage cru pour toucher une population plus large et se rendre accessible au bon sens de tous, la littérature érotique a parfois combattu les guerres, notamment chez les Grecs avec la pièce Lysistrata (411 av. J.-C.) du célèbre Aristophane (v. 450-386 av. J.-C.). Pour faire comprendre aux guerriers qu'il valait mieux faire l'amour plutôt que la guerre, la verve d'Aristophane donna aux femmes un pouvoir sexuel qui choqua résolument les penseurs de l'époque. L'exercice fut audacieux, mais trop avant-gardiste…

Elle fut par ailleurs un véritable mode d'emploi pour les jeux de l'amour et le civisme sous la couette. Dans l'Art d'aimer, Ovide (v.43 av. J.-C.-17 apr. J.-C.), à contre courant d'une sexualité fustigeant la gourmandise sexuelle et la fornication sans discernement, car le citoyen romain libre se glorifiait dans une représentation "politiquement correct" de la sexualité virile, Ovide, lui, incitait l'homme à aimer la femme, à se soucier de son plaisir, à la câliner, à la rendre heureuse dans l'extase de l'orgasme, à encenser son corps si magnifique de caresse et de baisers. Sans doute les tendres conseils d'Ovide modifièrent peu la condition des femmes romaines, mais son œuvre, transcendant les siècles, en aura fait réfléchir plus d'un par la suite.

Qu'elle fût porteuse d'un message social, d'une tentative d'incitation aux changements ou encore d'une dénonciation de quelque ordre, la littérature érotique constitua souvent l'arène au centre de laquelle se déroulèrent de virulents débats entre les sexes. Autant l'on y aura chanté les louanges de l'autre sexe, autant l'on y aura vilipendé les travers de l'autre sexe, autant l'on y aura exalté la subtilité des amours homosexuelles aussi.

On pourrait presque en dire qu'elle figura le creuset d'une évolution spectaculaire, un bûcher pour les tabous, une catapulte pour de nouvelles normes morales qui forcèrent les esprits fermés à emboîter le pas vers une modernité essentielle, prêchant l'amour et la tolérance des autres. Car elle touche chaque individu dans ce qu'il possède de plus instinctif, de plus primitif : son instinct de reproduction. Or pour certains encore, littérature érotique rimera toujours avec histoires grivoises, sexe hard, fantasmes crus. Pour d'autres, plus fins, plus idéalistes aussi, littérature érotique figurera toujours la sublimation de désirs inavouables, l'exaltation d'une chair mystérieuse qui fait encore frissonner des pieds à la tête. Un exercice de l'esprit qui élève le plaisir sexuel bien au-delà du simple accouplement !

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