Site du Jour
> Choisir site du jour en page de démarrage

Site du jour > Dossiers exclusifs > La Malibran

Reine de l'opéra romantique
La voix qui dit je t'aime
Histoire d'une cantatrice

Fondation M. Malibran
Maria Malibran Par G. Saint Bris
À la Malibran (poème)

Fabrication du papier
Dictionnaire & encyclopédie
Denis Diderot
La Renaissance
Walt Disney
La généalogie
Champollion
Le Land-Art


La Malibran

Née d'un célèbre ténor espagnol Manuel Garcia (1775-1832), la petite Maria-Félicia pousse ses premiers vagissements le 24 mars 1808 à Paris. Dès son plus jeune âge, son père, professeur tyrannique, l'oblige à chanter et lui inflige une discipline de fer. Elle s'exécute en vocalises pendant de longues heures, ne se nourrit que d'aliments sensés être bons pour sa voix, ne fréquente pas les autres enfants de son âge et monte sur scène alors qu'elle n'a que six ans pour chanter dans Agnese de Ferdinando Paër (1771-1839).

Son père la trimballe comme un trophée, sa petite fille prodige promet de devenir une voix prestigieuse. Si bien qu'en 1825, elle atteint la perfection et fait de véritables débuts à Londres dans Le Barbier de Séville. Son père la prend ensuite en tournée avec lui pour un tour de chant aux Amériques. Elle y campe à nouveau le rôle de Rosine à New York. C'est là que la belle fait la connaissance d'Eugène Malibran, un Français qui la demande en mariage. Elle accepte sur-le-champ, comprenant bien que par cette union inespérée, elle échappera au contrôle de son père. Évidemment, ce mariage salvateur se brise quelques années plus tard et la diva épouse enfin son amant le violoniste et compositeur belge Charles-Auguste de Bériot (1802-1870). Maria-Félicia conservera toutefois le nom de Malibran ou La Malibran puisque le public l'a consacrée sous ce nom. La Malibran Mezzo-soprano à la voix sublime, Maria se dévoue entièrement à son public qui l'adule. On dit de sa voix "qu'elle partait du sol grave du contralto et s'élevait jusqu'au mi suraigu [sol2 -mi5]". Trois octaves de nuances et un jeu qui passe du pathétique à l'énergie frivole en un dixième de seconde… Un don que l'on qualifie à l'époque de presque surhumain. On décrit encore cette voix unique comme vibrante et pleine de vigueur, mais aussi onctueuse et veloutée, une voix divine pour les scènes d'amour, une voix qui flatte et caresse avant de s'enflammer et d'atteindre des sommets d'émotion et de puissance.

Elle devient rapidement, grâce à son jeu d'actrice née et à son registre vocal extraordinaire, la Prima donna assoluta de son époque. Assez audacieuse et fantasque pour affronter son père et chanter Otello, rôle qu'il a lui-même tenu et porté aux nues, révélant ainsi la richesse de sa voix et la trempe de son caractère, la superbe Maria triomphe, alternant tour à tour les multiples personnages des opéras qu'elle chante avec brio : Otello, bien sûr, mais aussi Iago et Desdémone ; Tancrède, Sémiramis et Rosina ; les personnages de Bellini (1801-1835), de Beethoven (1770-1827), de Donizetti (1797-1848), etc.

Talentueuse certes, mais ô combien séduisante, charmante, agréable… Tant et si bien qu'à l'époque où les rivalités de scènes sont violentes, elle entretient une amicale compétition avec la cantatrice allemande Henriette Sontag (1805-1854) qui fut aussi la maîtresse de Bériot. Une générosité que l'on soulignera souvent en évoquant la splendeur de cette héroïne romanesque qui se fait également connaître pour son indépendance et son goût de la liberté.

Femme libre donc, la Malibran ne se contente pas de seulement chanter ; elle compose aussi. On la compare même à Hector Berlioz tant sa précision d'écriture et son naturel mélodieux lui attirent les bonnes critiques. Dotée d'un esprit vif et rempli d'humour, Maria a besoin d'occuper un espace physique et pour cela elle pratique des sports vigoureux : équitation et natation remportent la palme lorsqu'il est temps pour elle de se dégourdir un peu. Décidément, la cantatrice espagnole ne fait pas les choses comme les autres. Elle dévore littéralement la vie, ne perdant pas le moindre instant, goûtant intensément toutes les émotions que lui prodigue son existence exceptionnelle.

Puis, loin de la scène, Maria est encore une épouse amoureuse. Mariée à Bériot à qui elle donne un fils en 1833, Charles Wilfrid, lequel deviendra pianiste virtuose et enseignera à Maurice Ravel (1875-1937), la diva vit sur un domaine à Manchester au Royaume-Uni avec sa famille. C'est là qu'elle bichonne les siens, les entourant d'amour et de tendresse. C'est là qu'elle vit pleinement sa passion des chevaux, passion qui lui sera hélas fatale. Alors qu'elle est enceinte de nouveau, Maria fait une mauvaise chute de cheval au cours de l'été 1836. Malgré son état précaire, elle continue de monter sur scène ; elle ne se donne pas le droit de décevoir ce public qui l'aime tant. Mais épuisée, elle meurt en septembre, ne s'étant jamais remise de son accident équestre. Maria-Félicia n'a que 28 ans. Bériot, désemparé, rapatrie son corps à Bruxelles et lui fait ériger un mausolée admirable dans le cimetière de Laeken.

Méconnue des publics modernes, la Malibran reste une figure marquante de l'opéra, une cantatrice à la voix exceptionnelle, un modèle pour des générations de chanteuses, dont sa sœur Pauline (1821-1910) qui n'égalera jamais la beauté de sa voix, mais qui brillera à sa façon pour ses contemporains. D'une beauté émouvante, d'un tempérament fort, celle qui n'a rien cédé à son père despotique en matière de virtuosité, est morte bien trop tôt.

Site du jour > Dossiers exclusifs > La Malibran
Copyright Site du jour / Nathalie Michallon - E-mail : nathalie@site-du-jour.com / Mentions Légales
Toute reproduction même partielle est strictement interdite sans un accord écrit sous peine de poursuites judiciaires
Nos Partenaires : Catalogue vêtements | Mode | Vêtements