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Les icônes orthodoxes

Certains historiens de l'art iconographique prêtent aux icônes orthodoxes une origine qui remonterait jusqu'aux célèbres portraits de Fayoum, représentations funéraires d'une vigueur exceptionnelle, attribués à des peintres grecs, datant pour la plupart du 1er et 2e siècle de notre ère, et miraculeusement conservés jusque-là grâce au climat sec des zones ensablées d'Égypte. D'autres experts situent plus volontiers cette origine aux premières fresques de l'art dit "juif" ou aux fresques des synagogues plus précisément. Malgré une interdiction formelle quant aux représentations imagées du Dieu unique, on note cependant que les premières images christiques viennent de cette période (3e siècle apr. J.-C.). Ces fresques, véritables livres de scènes bibliques, ornementaient des pans entiers dans les synagogues du monde judaïque. Vraisemblablement, ce serait au cours de la transition vers le christianisme que les peuples juifs nouvellement convertis auraient décidé de faire de cet art de la fresque biblique, un art mobile, le volant aux murs, en quelque sorte, pour le plaquer ensuite sur des supports transportables, notamment des plaquettes de bois ou des poteries d'huiles saintes.

Les icônes orthodoxes Ces nouveaux chrétiens, nous le savons, voyagèrent ensuite et immigrèrent dans plusieurs contrées du monde, amenant avec eux leur science de la fresque qu'ils reproduisirent à petite échelle. Ainsi serait née l'icône, miniaturisation de scènes bibliques et talisman protecteur pour ces croyants nomades et bien souvent persécutés.

C'est à Byzance, en 379 apr. J.-C. que le culte chrétien connu la liberté d'expression grâce à l'empereur Théodose 1er qui officialisa désormais le christianisme dans tout l'empire. L'iconographie religieuse prendra un essor incomparable et se poursuivra ensuite selon différentes écoles de pensée ou techniques d'exécution. On retiendra deux courants majeurs de cet art byzantin : les ateliers impériaux et les ateliers monastiques. De ces deux tendances naîtront de nombreuses écoles, notamment l'école arabe d'Alep et les nombreuses écoles russes, dont celle de Moscou et de Novgorod.

On reproche souvent aux spécialistes des arts de ne voir dans l'iconographie orthodoxe que des considérations esthétiques ou archéologiques. Or il s'agit d'un art de transmission pour les croyants orthodoxes. Non seulement un art de la transmission de la vie dogmatique et spirituelle de son Église, mais aussi un art qui représente le peuple de ses croyants à travers les époques, les régions, les mœurs, les contextes socio-politiques, bref à travers leur histoire. C'est pourquoi une icône byzantine racontera une histoire différente d'une icône russe, c'est pourquoi une icône de l'école de Moscou révélera complètement autre chose qu'une icône de l'école de Novgorod.

Pour de nombreux théologiens du culte, cet art sacré dépasse largement la simple incarnation de Dieu, de Jésus le Christ, de la vierge Marie, de l'Esprit Saint ; il s'agit d'une révélation qui vit bien au-delà des limites du temps. L'icône occupe donc une place d'importance dans l'Église orthodoxe : elle est le symbole d'une foi vivante qui traverse les époques chargée de son message divin.

Pour les profanes, l'iconographie orthodoxe est davantage une richesse culturelle et historique, il est vrai. Elle témoigne d'une culture exceptionnelle et renseigne les différents experts et chercheurs sur l'évolution des peuples orthodoxes ; ce sont des cartes identitaires d'une valeur inestimable, en plus de représenter un caractère artistique des plus admirables. Elle nous informe sur les mouvements de la foi, sur les divisions et les rapprochements dogmatiques, sur la vie et les mœurs des nombreux croyants, etc. Sa disposition même dans les églises et les cathédrales est le reflet d'une hiérarchie qui élève l'homme vers le divin. Peinte sur différents types de bois, particulièrement le tilleul, et souvent exposée sur trois rangées que l'on nomme registres, les icônes forment un discours, un enseignement, un historique. On retrouve sur le registre du bas les icônes des notables ou de personnages de la vie quotidienne. Sur la rangée du centre, aussi appelée Déesis, on peut admirer les icônes représentant Dieu, Jésus, la Vierge, le Saint-Esprit ou les saints. Enfin, le registre du haut se consacre aux icônes célébrant les fêtes ou les événements importants de l'histoire biblique : l'Annonciation, le baptême de Jean, la Crucifixion, la Résurrection, etc.

On ne peut bien sûr passer sous silence les artistes de l'iconographie, ces virtuoses d'un art qui véhicule la foi de façon aussi vibrante. Les saints iconographes, les maîtres peintres, les moines et les artistes peintres de toutes époques contribuèrent avec passion à la diffusion de ces images saintes. Théophane le Grec (vers 1330-vers 1410), né à Byzance, fut sans doute le mieux connu d'entre eux. Certaines de ses œuvres ont été préservées dans quelques églises de Russie, là où il se réfugia au début du déclin culturel de Byzance. Il aurait œuvré à l'église de la Nativité de la Vierge (1395), à la Cathédrale de l'Archange Saint-Michel (1399), et à la Cathédrale de l'Annonciation (1405), en plus d'avoir sous sa gouverne, et comme élève, le célèbre Andrei Roublev (vers 1365-vers 1428). Connu mondialement pour son icône : La Trinité, que l'on considère comme un sommet dans l'art iconographique russe, le moine Roublev reste le grand maître de l'école de Moscou.

En Grèce, c'est dans l'église du Protaton, à Karyes au mont Athos, que se trouve la magnifique série d'icônes peintes par Emmanuel Panselinos (14e siècle). On peut également admirer des œuvres iconographiques orthodoxes au monastère Saint Nicolas Anapafsa, attribuables à l'hagiographe et maître de l'école d'iconographie crétoise, le moine Theophanes Strelitzas Bathas (15e-16e), dit Théophane le Crétois. Il aurait également peint différentes fresques de monastères du mont Athos et des Météores.

Dans les pays arabophones, syriaques et chaldéens orthodoxes et catholiques, nestoriens, monophysites, maronites, coptes, arméniens, éthiopiens, melkites, donc chrétiens d'Orient, connurent également le culte des icônes. C'est à travers l'œuvre de Yusuf al-Mussawir (Joseph l'Iconographe), mort en 1667, et de ses descendants, que l'iconographie arabe a imposé son style. Un style où la douceur des traits, la richesse des couleurs ainsi que les inscriptions désormais en langue arabe ont lentement éclipsé la tendance byzantine.

Aujourd'hui, plusieurs iconographes laïcs ou religieux suivent rigoureusement la tradition et peignent des icônes d'une grande beauté. Pourtant, si leur facture peut sembler plus léchée, plus stylée, on ignore si le message dont elles sont porteuses atteint les niveaux de vérité et de foi que véhiculaient leurs ancêtres. C'est peut-être pourquoi les icônes d'autrefois suscitent autant l'intérêt des historiens et archéologues du monde entier et que l'iconographie contemporaine laisse bien souvent perplexe…

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