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Chopin

Fryderyk Franciszek Chopin, futur virtuose du piano, naît le 1er mars 1810, à Zelazowa Wola, en Pologne. Seul fils des quatre rejetons de Nicolas Chopin (1771-1844) et de Justyna Krzyzanowska, Frédéric montre très tôt des dispositions pour la musique. Dès l'âge de six ans, on lui enseigne le piano et un an plus tard (1817), il compose sa première pièce, La Polonaise en sol mineur. Le petit prodige se produit ensuite sur scène à 8 ans, dans un salon aristocratique de Varsovie, pour une première fois.

À dix ans, le grand-duc Constantin (1779-1831), frère du tsar Nicolas 1er (1796-1855), le mande régulièrement pour jouer à sa résidence. Pendant des heures, cet homme de réputation colérique, s'apaise au son des compositions du jeune génie. Grâce à ces prestations répétées auprès du grand-duc, la notoriété du fils Chopin grandit rapidement et bientôt on le compare à Mozart (1756-1791). Aussi, Nicolas Chopin encourage naturellement son fils à des études musicales. Le Conservatoire et le lycée de Varsovie deviennent les sanctuaires d'apprentissage du frêle Chopin. C'est Jozef Elsner (1769-1854) qui sera son premier mentor. Ce dernier croit qu'en raison du talent exceptionnel de son protégé, une éducation libre, vaut mieux que de forcer Chopin à des apprentissages qui briseraient ses inspirations naturelles. Chopin reste donc libre de s'intéresser spécifiquement aux opéras italiens et à Mozart. De plus, Chopin fait fi de l'orchestration classique, des approches traditionnelles de composition et décide que le seul instrument dont il jouera est le piano. Voilà qui scellera définitivement l'avenir de Frédéric Chopin.

Malgré une santé fragile, Frédéric poursuit ses études de musique jusqu'en 1829, tout en approfondissant ses connaissances de la musique populaire polonaise pendant ses vacances d'été dans les nombreuses campagnes du pays. Chopin y développera d'ailleurs un amour profond pour la vie champêtre, ce qui influencera considérablement les rythmes de sa musique plus tard. Un autre aspect déterminant sur la musique du jeune homme est son humour. Avec ses sœurs et d'autres camarades, Frédéric fonde un cercle littéraire peu sérieux : la Société des Divertissements Littéraires. On comprendra que cette petite société ne passera jamais à l'histoire, mais elle laissera sur Chopin les marques inaltérables d'un humour bien vivant, humour que l'on retrouvera aussi ultérieurement dans ses compositions.

1829 est également l'année de la découverte de l'extraordinaire violoniste Niccolo Paganini (1782-1840) pour ce Chopin en pleine exploration. Les concerts qu'il donne à Varsovie cette année-là impressionnent Chopin et le confortent dans sa certitude de n'écrire que pour son seul instrument : le piano. C'est à la suite de cette visite du plus célèbre violoniste italien en Pologne que Chopin écrit ses premières études, études dont Hector Berlioz (1803-1869) dira plus tard qu'elles : "renferment des combinaisons harmoniques d'une étonnante profondeur". Chopin

Frédéric envisage dès lors de s'exporter. Il triomphe à Vienne en août 1829 grâce à la générosité du comte Gallenberg, administrateur du théâtre de l'Opéra impérial, qui lui organise un concert. Puis en mars 1830, c'est au théâtre national de Varsovie qu'il se couvre de gloire ; enfin chez lui ! À l'époque, il est aussi éperdument amoureux de la cantatrice Constance Gladkowska, mais elle sera son premier chagrin d'amour. Trop timide pour lui avouer ses sentiments, l'adagio de son Concerto en fa mineur op 21 en serait l'aveu selon certains. Pour d'autres observateurs toutefois, il s'agirait plutôt d'une déclaration masquée à l'endroit de son tendre ami Tytus Wojciechowski. Chopin a alors 20 ans et il décide de quitter la Pologne, qu'il adore pourtant, avec son cher Tytus, le pays devenant pour lui dangereux en ces temps d'insurrection.

Les deux jeunes hommes s'arrêtent à Vienne, mais cette fois Chopin ne rencontre qu'indifférence pour son œuvre. Dès juillet 1831, pressé de rentrer en Pologne pour servir son pays par les armes, Chopin est stoppé par sa famille qui le supplie de gagner Paris pour servir son pays par la musique. Triste et abattu, Frédéric se résout à obéir, laissant Tytus rejoindre le soulèvement et s'embarquant pour la France. Résolument patriote, Chopin se languit d'avoir à fuir son pays et cette déchirure obligatoire laissera sa marque à jamais. Les œuvres qu'il compose dans ces instants de révolte intérieure portent la rage de l'impuissance et le poids de la désertion.

Chopin arrive à Paris et fait bientôt la connaissance de plusieurs exilés polonais ayant pris la fuite après la défaite de la Pologne contre les Russes. De plus, il rencontre de nombreux artistes de talent, notamment les pianistes Franz Liszt (1811-1886), Henri Herz (1803-1888) ou encore Friedrich Wilhelm Kalkbrenner (1785-1849) avec lesquels il crée des liens d'amitié. Paris, comme une mère adoptive, le rassure en son sein et Chopin se prend d'affection pour cette ville dont les habitants révèlent une sympathie à la cause polonaise qui n'est pas sans le toucher. Chopin devient membre de la Société littéraire polonaise et fréquente alors l'élite polonaise. Ces avantages de la vie parisienne le plongent dans un confort intellectuel des plus agréables, si bien qu'en 1834 il refuse des invitations auprès de l'ambassade de Russie, osant la déclaration qu'il n'est pas un sujet du Tsar batifolant librement dans les rues de Paris mais un réfugié politique. Ces propos lui fermeront à jamais les portes de sa Pologne natale.

Pourtant, malgré une nostalgie certaine de la Pologne et beaucoup d'inquiétudes pour ses proches restés là-bas, Chopin se livre à une vive activité créatrice lors de ses premières années à Paris. Il publie à cette époque plusieurs mazurkas, plusieurs nocturnes, les Douze Grandes Études dédiées à Liszt, la Krakowiak pour piano et orchestre, une Grande Valse en mi bémol majeur, sa Grande Fantaisie sur des Airs Polonais ainsi que deux œuvres majeures qui contribueront largement à sa renommée mondiale : la 1ère Ballade et le 2e cycle d'Études op. 25.

Chopin n'aime pas jouer en public, c'est donc le plus souvent dans l'intimité de son appartement de la rue Pigalle qu'il s'exécute pour ses amis. À cette époque, ce sont des artistes de talent qu'il fréquente : ses complices Berlioz et Liszt, mais aussi Eugène Delacroix (1798-1863), Sainte-Beuve (1804-1869), Adam Mickiewicz (1798-1855) et quelques autres. Il fait également la connaissance de George Sand (1804-1876) avec laquelle il entretiendra ensuite une relation amoureuse pendant dix ans. Sand est pour Chopin une amie, une amante, une mère, et veille sur lui pendant ses fréquents moments d'affaiblissement. La vie de Frédéric, vraisemblablement atteint de tuberculose depuis longtemps, est ponctuée de merveilleux séjours à Nohant, dans la maison de campagne de George. Chopin y compose des œuvres à la fois sensibles et fortes, notamment la Polonaise héroïque, op. 53, la 4e Ballade, la Barcarolle, op. 60 ainsi que les dernières Valses. Mais sa santé décline, malgré le génie, malgré les soins et la tendresse prodigués par Sand, malgré sa certitude que Dieu étend sur lui sa grâce. Chopin survit douloureusement à la mort de ses proches : un ami d'enfance, son premier professeur, son père… Accablé et dépressif, il se réfugie dans sa musique, mais un dernier coup du destin l'attend. Se rangeant du côté de Solange, la fille de George Sand, dans une querelle de famille en 1847, Chopin provoque la rupture avec sa célèbre maîtresse. Il est désormais seul.

Frédéric ne tire pourtant pas sa révérence. Il entreprend un voyage en Angleterre et en Écosse afin de présenter son oeuvre. Il joue devant la noblesse anglaise, se produit même devant l'austère reine Victoria (1819-1901) puis rencontre à sa grande joie l'écrivain Charles Dickens (1812-1870) avec lequel il échange brièvement. Multipliant les concerts outre-Manche, Chopin s'épuise toutefois ; après sept mois, il rentre en France. De plus en plus faible, de plus en plus malade, Chopin continue néanmoins à donner des leçons pour survivre et payer ses frais médicaux. Cependant, sans qu'il ne le sache, ses précieux amis pallient financièrement lorsqu'il n'y parvient pas lui-même. De plus, ils se relayent pour ne pas le laisser seul. Cette dernière année de la vie de Chopin, 1849, reste égayée par une présence quasi constante de ceux qui l'aiment. Frédéric n'a que des amis, et quels amis ! Le 17 octobre, il succombe pourtant à la maladie, mais meurt dans la consolation d'être entouré des siens.

Le sculpteur Auguste Clésinger (1814-1883), époux de la fille de George Sand, réalise un moulage de son visage et de ses mains. Il sculpte également le monument sous lequel reposera la dépouille de Chopin au Père-Lachaise. Le cœur du musicien, conformément à ses dernières volontés, est retiré de son cadavre pour être remis à sa sœur Ludwika. Celle-ci le ramène à Varsovie afin qu'il repose dans un cénotaphe que l'on intégrera dans l'un des piliers de l'église Sainte-Croix. Chopin rentre enfin chez lui.

Chopin, l'inimitable Chopin, aura vécu bien peu. Mais sa force créatrice aura engendré un style unique. Berlioz en dira : "Chopin, comme exécutant et comme compositeur, est un artiste à part, il n'a pas un point de ressemblance avec un autre musicien de ma connaissance. Malheureusement, il n'y a guère que Chopin lui-même qui puisse jouer sa musique et lui donner ce tour original, cet imprévu qui est un de ses charmes principaux ; son exécution est marbrée de mille nuances de mouvement dont il a seul le secret et qu'on ne pourrait indiquer..." Et grâce à cette distinction singulière, Chopin restera sans doute à jamais le grand maître incontestable du piano.

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