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Tout sur le bouchon

L'idée de fermer hermétiquement certains contenants pour en préserver le contenu n'est pas née d'hier. On se doute bien que dès l'Antiquité, on a cherché des modes de conservation pour différentes substances ou aliments. Amphores, bouteilles, carafes, cruches, gourdes, fioles, pichets, tonneaux, urnes, etc., sont devenus des éléments essentiels dans le stockage des matières liquides. Mais leur fonction ne s'est pas limitée à un simple entreposage. On s'en servait également pour le transport de ces substances. C'est alors que l'obturation de ces contenants a nécessité l'invention du bouchon.

D'abord conçu à partir de différents matériaux, le bouchon a été tantôt en argile, en bois, en chanvre, en cire, en pierre, en résine, en tissu, en verre, etc. Ses formes variables devaient épouser l'ouverture du contenant ou encore pouvoir s'y enfoncer de manière à bloquer les substances à l'intérieur du réceptacle. Ainsi, l'homme a découvert peu à peu que certains concepts fonctionnaient mieux que d'autres et que certains matériaux étaient plus imperméables que d'autres.

On estime que l'évolution du bouchon est surtout liée au transport des marchandises liquides à des fins commerciales. Par exemple le vin expédié dans des tonneaux, les huiles véhiculées dans des amphores, etc. Or il a fallu trouver le principe d'une étanchéité sécuritaire et à l'épreuve des nombreux hasards de la route. On sait que déjà, plus de cinq siècles av. J.-C., on transportait le vin dans des tonneaux entre l'Arménie et la vallée de l'Euphrate. Comme ces barils étaient en bois de palmier, on peut présumer que leurs bouchons se composaient d'une bourre de paille, scellée d'une couche d'argile, comme en témoigneront les civilisations pharaoniques, un peu plus tard. Quant à la première amphore bouchée de liège, débusquée lors des fouilles de l'Agora à Athènes, elle daterait du 5e siècle av. J.-C. et serait attribuable au savoir-faire de la civilisation grecque, bientôt imitée par les Romains. C'est à l'ouest de la Méditerranée que poussait le chêne-liège, principal acteur dans la fabrication du bouchon d'amphore et région d'approvisionnement des peuples gréco-romains.

Au cours du 3e siècle de notre ère, l'amphore et son bouchon de liège connurent une régression importante face à l'introduction du fût par le biais des Celtes, qui pouvaient y stocker de plus grandes quantités de liquide tout en facilitant considérablement les opérations de transports et l'entreposage en empilement. Les fûts, fermés grâce à des chevilles de bois doublées de tissu, ne permettaient cependant pas le vieillissement du vin et, pendant plusieurs siècles ensuite, on prit l'habitude des vins nouveaux au détriment de potentiels vins de garde. Par ailleurs, l'approvisionnement en liège, largement complexifié par l'occupation de la péninsule ibérique par les Arabes, fit en sorte que l'on diminua peu à peu l'utilisation du liège et de l'amphore pour adhérer à la méthode celte. Le bouchon

Jusqu'au 18e siècle, on pratiqua l'occlusion des fûts avec une cheville de bois et ce fut par le biais de ce récipient que l'on se procura communément le vin et certaines substances liquides destinées à l'alimentation. Évidemment, dans les ateliers des chimistes et alchimistes ou chez les médecins et les apothicaires, alambics, athanors, bouteilles, fiasques, fioles, flacons, etc., se fermaient encore avec des bouchons de liège, mais cette pratique restait privée. C'est avec l'avènement de la bouteille de verre, issue des plus récentes techniques de soufflage en Angleterre, que le bouchon de liège réapparut, souverain, pour clore hermétiquement les contenants et permettre la fermentation en bouteille. Désormais le vin, les huiles et autres substances liquides allaient connaître des jours heureux dans des récipients adaptés à des traitements tout en finesse. D'autre part, on réalisait également tout son potentiel dans l'embouteillage des vins pétillants, notamment du champagne, pour lesquels des bouchons étanches, pouvant résister à la pression, devenaient alors nécessaires. Grâce aux bouteilles capuchonnées de liège, on constata bientôt que le goût du vin se bonifiait, que les saveurs se prononçaient au fil du temps. Le principe du vieillissement en bouteille devint l'une des préoccupations majeures des amateurs. Sans le bouchon, cet art de la conservation et du vieillissement n'aurait certes pas atteint les sommets de raffinement qu'on lui connaît aujourd'hui.

Le 20e siècle et la mécanisation industrielle seront à l'origine de nouvelles tendances en matière de bouchons. L'apparition des bouchons de synthèse, relativement récente, reste sujette à l'approbation du temps en ce qui concerne le bouchage de bouteilles contenant alcools, cidres, huiles, vinaigres, vins, etc. À l'heure actuelle, ils ne sont généralement utilisés que pour les liquides qui ne requièrent pas de vieillissement à long terme. Objets souvent soumis à des considérations esthétiques, exempts à la présence du détestable goût de bouchon, ils gagnent une certaine notoriété auprès des producteurs européens.

Un autre type de bouchon, le Zork, consiste en une ventouse faite de polyéthylène dont la partie inférieure s'insère dans la bouteille tout en étant rattachée au capuchon dans sa partie supérieure. Ce capuchon, recouvert d'une feuille d'aluminium, se détache à l'ouverture grâce à une mince languette que l'on tire. Facilité d'ouverture/fermeture alliée à l'absence de goût de bouchon sont d'excellents vendeurs…

Dans la fermeture des récipients destinés aux liquides, la capsule existe depuis des décennies déjà. Les amateurs de bières et de sodas connaissent bien cette petite couronne de métal que l'on ne parvenait à faire sauter qu'à l'aide d'un décapsuleur autrefois. Aujourd'hui, heureusement, les capsules sont dévissables, ce qui permet aux gens distraits qui oublient le décapsuleur de ne pas mourir de soif…

On note par ailleurs que les capsules métalliques à vis font une percée considérable sur le marché des vins. Présentes depuis les années 1980, ces capsules sont largement contestées, plus par snobisme que par véritable défaillance. Associée aux vins bas de gamme, la capsule métallique à vis ne présente pourtant que des avantages : pas de goût de bouchon, facilité de déboucher/reboucher, possibilité de stockage à l'horizontale alors que la bouteille est débouchée… C'est en Suisse que le procédé est le mieux implanté avec un volume de 80 % de ses embouteillages. Les nouveaux grands producteurs de vins comme l'Afrique du Sud, l'Australie, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande utilisent de plus en plus cette méthode de bouchage tant elle est appréciable. La célèbre région de Napa Vallée, aux États-Unis, vend même certains de ses plus grands crus scellés de cette manière.

Enfin, une entreprise allemande a lancé récemment sur le marché un bouchon très classe, en verre, qui ne présente lui aussi que des avantages. Éliminant définitivement le goût de bouchon et facilitant le rebouchage après ouverture, ce type de bouchon a même une version moins coûteuse en plexiglas. De quoi faire de l'ombre aux concurrents, car il dispose en plus de la particularité esthétique.

Bien que ces avantages soient notables, le bouchon de liège n'est peut-être pas menacé. Traditionnellement, on l'associe à des produits haut de gamme. De plus, il reste l'inséparable ami du tire-bouchon, ustensile si cher à de nombreux collectionneurs. Les Français croient, dans une proportion de 90 %, que malgré un défaut récurrent de bouchonnage, le bouchon de liège est le plus approprié à la conservation et au vieillissement de certaines substances liquides, principalement le vin. Interrogés à ce propos, ce sont les jeunes de la tranche 18-25 ans qui changent la donne. Pour 25 % d'entre eux, le type de bouchon est totalement extérieur à la qualité du produit.

Autre temps, autres mœurs ? Peut-être… Mais le liège a la peau dure !

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